Le Rwanda a un urgent besoin de réconciliation

Fribourg: L’Association APAX pour l’Education aux Valeurs de la Paix table sur la médiation

Fribourg, 21 novembre 2004 (Apic) La philosophie de la médiation pour résoudre les conflits, vous connaissez? A l’invitation de l’Association APAX, une bonne trentaine de personnes ont assisté vendredi soir à la salle Afrika, chez les Missionnaires d’Afrique, à la présentation du travail de la Maison fribourgeoise de Médiation (MFM), et découvert l’application au Rwanda de cette méthode visant à résoudre les conflits sur la base du dialogue et de la non violence.

L’Association APAX pour l’Education aux Valeurs de la Paix, encore peu connue du public, a pour but de soutenir des actions de médiation au Rwanda notamment en organisant des repas africains à l’Africanum, à Fribourg. Fondée en 2001 par un groupe d’amis d’une religieuse rwandaise, Soeur Donata, licenciée en psychologie de l’Université de Fribourg, elle a décidé de soutenir son travail en faveur de la réconciliation lors de son retour au pays.

Dans un Rwanda déchiré par un conflit interethnique qui s’est transformé en génocide, la religieuse a tenté un pari fou: mettre en pratique les cours de médiation – qui propose une approche de prévention des conflits et de régulation sociale – suivis en Suisse et aux Etats-Unis en 1999. C’est ainsi qu’est née APAX-Rwanda, qui rassemble en priorité des jeunes professeurs dans des clubs dispersés dans le pays. Ce projet d’éducation chrétienne aux valeurs de la paix, né à Fribourg, coïncidait avec les objectifs de la Commission nationale rwandaise pour l’Unité et la Réconciliation.

De retour d’une visite au «pays des milles collines» – il a travaillé à Kibuye au service de Coopération technique suisse dans les années 70 – , Anton Brülhart, président d’APAX-Suisse, a rendu compte aux participants de sa visite des projets de l’association à Muramba et Janja, au nord-ouest de Kigali.

Son guide: Soeur Donata Uwimanimpaye, l’ancienne de Fribourg, fondatrice de l’association au Rwanda et aujourd’hui directrice du Collège de Muramba. Sous sa conduite, l’ingénieur forestier de Guin a découvert la dynamique de ce projet de paix, qui regroupe toutes les personnes actives dans le projet APAX au Rwanda, soit actuellement quelque 170 personnes.

Soutien à des micros projets

Ces micros projets vont de l’étude de la pratique de la non violence évangélique à la construction d’une fabrique de craies et de bougies en passant par l’entraînement à la résolution des conflits. Anton Brülhart salue le fait qu’APAX est avant tout un projet imaginé, créé et géré entièrement par des Rwandais, et qui correspond aux demandes émanant de la population elle-même. Grâce à la dynamique encouragée depuis Fribourg, des petits foyers de paix et de développement prennent naissance dans ce pays ravagée par la guerre il y a tout juste une décennie. JB

Encadré

La médiation, «un instrument universel pour la paix, ancré dans les valeurs de l’Evangile»

Présidée par Anton Brülhart, ancien inspecteur cantonal des forêts, cette association a vu le jour à l’initiative de feu le Père dominicain Roger Berthousoz, professeur à l’Université de Fribourg – il avait été ordonné diacre à Butare, au Rwanda -, d’Alexandrette Bugelli, professeur de théologie pastorale retournée en France pour sa retraite, et du Père Claude Maillard, Père Blanc de Fribourg. Pour les fondateurs de cette organisation, la médiation est «un instrument universel pour la paix, profondément humain et ancré dans les valeurs de l’Evangile».

Soeur Donata, présente à Fribourg, lors des tragiques massacres de 1994 au Rwanda, a voulu apporter sa contribution à la reconstruction de son pays. Son mémoire de licence intitulé «Entraînement à la médiation des conflits» a attiré l’attention de ses amis qui en ont saisi l’enjeu, et ont décidé de soutenir sa démarche. APAX ambitionne aussi de collaborer avec des organisations qui travaillent dans le même but en Suisse, comme le Groupement Pro Médiation en Suisse Romande et la Maison Fribourgeoise de Médiation (MFM). (apic/be)

21 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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