Réunion générale de l’ACAT Fribourg
Fribourg: la torture des enfants, une réalité quotidienne (060394)
Fribourg, 6mars(APIC) La torture des enfants reste aujourd’hui une réalité quotidienne. Pour en parler, l’Action des chrétiens pour l’abolition de
la torture (ACAT) Fribourg a invité samedi Georges Glatz, président du Comité international pour la dignité de l’enfant (CIDE) basé à Lausanne.
L’ancien journaliste, lauréat du prix international des droits de l’homme
La Liberté – La Croix 1993, a dressé la longue liste des violations des
droits des enfants dans le monde et a esquissé quelques possibilités d’action.
Les récits de torture commis envers des enfants dépassent souvent
l’imagination. La bonne centaine de participants à la réunion générale de
l’ACAT Fribourg a largement pu s’en rendre compte. La prostitution et
l’exploitation sexuelle des enfants dans de nombreux pays d’Asie et
d’Amérique latine ne sont que la partie visible de l’iceberg, même si elles
concernent un million de mineurs en Asie. La vente et le trafic d’enfants
ou d’organes prélevés sur des enfants vivants, contrôlés par des réseaux
internationaux de type mafieux, touche aussi bien l’Amérique latine que les
pays de l’ex-URSS. Les enfants n’échappent pas aux persécutions ethniques
ou religieuses, aux emprisonnements sans jugement, aux tortures publiques,
aux exécutions sommaires. Lors de conflits armés, ils sont non seulement
les premières victimes mais souvent enrôlés de force dans les unités
combattantes parfois, comme au Mozambique, dès l’âge de 12 ans. Que dire en
outre des enfants au travail, ils sont 44 millions en Inde et au Pakistan
souvent dans des conditions d’exploitation si dures qu’elles empêchent un
développement physique normal.
En Europe, l’exploitation sexuelle des enfants dans des réseaux de
pédophiles et de sadiques suscite la répulsion la plus forte. On peut
trouver sur le marché des cassettes vidéos montrant des sévices sexuels
contre des enfants de deux ans à peine. Une vidéo montrant la mort réelle
d’enfants sous la torture s’achète pour 15’000 francs.
On estime en France qu’une fille sur huit et un garçon sur dix est victime d’abus sexuels, commis dans 80% des cas par un familier. S’il n’existe
pas de statistique suisse dans ce domaine, tout laisse à croire que les
proportions sont les mêmes, explique Georges Glatz.
Pour le CIDE et son président, les moyens de défense existent. Il s’agit
d’abord de dénoncer les violations par des articles de presse, des
enquêtes, des reportages, des rapports. Le poids de l’opinion publique est
loin d’être négligeable. Le démantelement d’une agence de voyages pour
pédophiles de Zurich est un des succès du CIDE.
La seconde option du CIDE est le combat judiciaire. Le comité se base
sur la Charte des droits de l’enfant signé par 122 Etats, ainsi que sur les
diverses législations nationales. Faire respecter les conventions et les
lois est un combat prioritaire. Cela a par exemple amené l’arrestation
récente à Genève d’un pédophile argovien pour des actes commis sur des
enfants aux Philippines.
La prise de conscience du devoir moral de dénoncer les abus et de témoigner est primordiale. En cas d’accident de la route, celui qui ne témoigne pas est punissable. Pourquoi n’en est-il pas de même pour le témoin
de sévices contre des enfants? interroge Georges Glatz.
Comme citoyen, il s’agit aussi de travailler à améliorer la législation
pénale pour obtenir un meilleur effet de disuasion. Il est absolument aberrant par exemple d’avoir abaissé de 10 à 5 ans le délai de prescription
pour les délits sexuels. Quant à la prévention elle passe par l’éducation à
l’estime de soi, la formation spécifique des enseignants à la détection des
cas de maltraitance, et un travail mutlidisciplinaire entre les instances
concernées. «N’oublions pas que les enfants tiennent le gouvernail du monde», conclut Georges Glatz. (apic/mp)




