Le poste d’official du diocèse l’attend l’an prochain
Fribourg: Le chancelier de l’évêché Nicolas Betticher devient prêtre
Bernard Bovigny, Apic
Fribourg, 6 octobre 2006 (Apic) Nicolas Betticher va devenir prêtre. Son ordination est prévue pour fin 2007. L’actuel chancelier de l’évêché et responsable de l’information reprendra l’an prochain le poste d’official du diocèse.
C’est un Nicolas Betticher détendu et souriant, et ému lorsque les questions se font plus personnelles, qui a fait part aux journalistes, vendredi à l’évêché, de sa décision de devenir prêtre, en compagnie de Mgr Bernard Genoud. Si cette vocation l’habite dès sa prime jeunesse, c’est à l’âge de 45 ans, et après un cheminement de vie qui l’a notamment amené en politique et dans plusieurs services de l’Eglise, qu’il a enfin franchi le pas.
Ce pas, il avait déjà tenté de le franchir il y a plus de 20 ans, au sortir du collège. «Je m’étais inscrit au séminaire avant de me désinscrire quelques mois plus tard. Ce n’était pas le bon moment», a-t-il révélé devant les médias. Pourquoi avoir décidé maintenant de devenir prêtre? «Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, mais à Dieu. C’est lui qui appelle. Je suis bien placé pour vous le dire: il est très patient, mais il ne lâche pas prise», a-t-il lancé en conférence de presse.
2004: une année charnière
L’année 2004 représente une période charnière dans la trajectoire politique et professionnelle de Nicolas Betticher. Il renonce alors à tout mandat politique et retire sa candidature au poste de chancelier d’Etat. «Ca n’a pas été facile pour moi», a-t-il affirmé. «J’ai vécu une tension entre engagement politique et vie au service de l’Eglise. Je ne regrette pas mes décisions. J’emporte cette épreuve comme une richesse. Depuis 2 ans, je vis un temps de grâces qui a permis de me resituer. Ma vocation a germé, et a pris forme. Une paix m’habite depuis que j’ai décidé de répondre oui à l’appel de Dieu».
Dès à présent, Nicolas Betticher va accomplir un stage dans l’unité pastorale de Tafers (Tavel), en Singine, condition indispensable pour être ordonné diacre, puis prêtre. Il poursuivra durant cette année sa fonction de chancelier et de chargé d’information de l’évêché.
Depuis 20 ans au service de l’Eglise
Au niveau de la formation et de l’expérience, il remplit nettement les conditions requises. Doctorats en théologie et en droit canonique obtenus à l’Université de l’Angelicum à Rome en poche, il travaille depuis bientôt 20 ans au service de l’Eglise. Son chemin professionnel débute en 1987 à l’Officialité du diocèse, où il devient greffier, juge et défenseur du lien jusqu’en 1991. Cet engagement sera complété en 1988 au vicariat épiscopal du canton de Fribourg, partie francophone, où il accomplit la fonction d’adjoint et de chef du personnel laïc. Il se poursuit au secrétariat de la Conférence des évêques suisses à Fribourg, de 1995 à 2000, comme secrétaire général adjoint et attaché de presse. En 2001, Nicolas Betticher est engagé au service de l’information de la conseillère fédérale Ruth Metzler. Mais après quelques mois, il sent que sa vocation se trouve ailleurs et propose ses services à Mgr Genoud, qui l’engage comme chancelier et attaché de presse.
Au niveau politique, Nicolas Betticher a été élu conseiller général PDC de la ville de Fribourg de 1995 à 2002, puis député au Grand Conseil de 2001 à 2004, année où il renonce à toute charge politique. BB
Encadré:
Trois questions à Nicolas Betticher
Apic: Eglise, Etat, politique, . Votre ordination signifie-t-elle la fin d’une carrière en style «slalom»?
N.B: Je ne parlerais pas de «carrière», mais d’évolution dans ma vie. J’ai dû opérer des choix dans ma vie civile et ecclésiale. Lors de chaque tentative d’opérer un choix hors cadre Eglise, je pense en particulier à la Confédération ou lors de ma postulation retirée comme chancelier d’Etat, j’ai dû me resituer dans ma vocation. Ces décisions ont été des déclencheurs d’un processus intérieur.
Apic: Le mariage, vous n’y avez jamais songé?
N.B: Si, bien sûr. Cela a été une question très réelle dans ma vie. C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’il n’y a pas eu de choix de ma part entre 20 et 30 ans. Mais cela fait 15 ans que je vis maintenant seul. L’expérience de la solitude, je la connais. J’ai pu vivre ces moments dans la prière et dans la réflexion. D’avoir pu intégrer ma vie de célibataire m’a aidé à répondre à l’appel de Dieu à devenir prêtre.
Apic: En 2004, vous renoncez à toutes vos fonctions politiques et vous êtes contraint d’abandonner l’organisation de la Fête fédérale des musiques. Ces ruptures ont-elles constitué un élément important dans votre réflexion sur votre vocation?
N.B: Oui, clairement. Et également ma démission comme président de l’Union instrumentale de Fribourg. Cela a été très dur. Toutes ces décisions ont été prises en quelques heures. Dieu m’a en quelque sorte fait plonger dans la nuit. Dans cette nuit, une petite lueur persistait. J’ai dû cheminer et trouver comment agrandir cette lumière qui vient de Dieu. BB
Encadré:
Le ménage a déjà été fait à l’officialité
L’Officialité diocésaine, qui est une sorte de tribunal chargé des questions d’ordre canonique, a connu des temps difficiles, en 2004, avec le renvoi de Mgr Fernando Lamas Pereyra de Castro suite à des irrégularités administratives et le licenciement contesté d’une collaboratrice. Nicolas Betticher sera-t-il chargé de faire le ménage? «Ce n’est pas nécessaire. L’ordre a déjà été fait par l’actuel official, le Père Emonet. Mais il a bientôt 80 ans et me demande depuis une année de pouvoir bientôt arrêter. L’ordination de Nicolas Betticher tombe à point nommé», relève l’évêque diocésain.
La grande majorité du travail de l’official touche des demandes de nullité de mariage. Il doit «accueillir pastoralement les fidèles qui demandent de faire la vérité sur le sacrement de leur mariage», précise l’évêché. «Il aide les époux à faire toute la lumière sur un mariage qui peut éventuellement, en vertu des dispositions de l’Eglise, être déclaré nul». (apic/bb)




