Fribourg: Le dimanche de la Mission universelle sera célébré le 22 octobre

«Viens et partageons» . avec Madagascar

Fribourg, 29 septembre 2006 (Apic) Les communautés catholiques de Suisse et du Liechtenstein seront invitées, le 22 octobre, à porter leur réflexion sur la mission et en particulier sur l’île de Madagascar. «Viens et partageons!», lance l’organisation Missio, chargée de l’animation du dimanche de la mission universelle.

Les catholiques suisses découvriront et soutiendront, ce dimanche-là, un projet de scolarisation des enfants de la tribu des Bara, au sud de Madagascar, sur le plateau d’Horombe. Cette ethnie, mise à l’écart du fait qu’elle est considérée comme primitive, vit principalement de l’élevage des zébus. L’analphabétisme touche plus de 65% des adultes, alors que seuls 15% des enfants sont scolarisés. Les écoles manquent et le savoir (histoires, rites, politesse, danses, chants,.) est transmis par les parents ou par les chefs des 70 villages de la région.

Un frère mariste, Tiana, s’est mis en tête de créer des écoles afin d’assurer aux Bara d’autres perspectives d’avenir que l’élevage des zébus et leur permettre de se faire entendre par les autorités.

Projet à soutenir: 9 salles de classe

Les catholiques suisses qui se rendront à la messe le dimanche 22 octobre, et ceux qui participeront aux nombreuses animations proposées par Missio, découvriront le projet de Frère Tiana et seront invités à le soutenir. Il consiste en la création d’écoles dans 4 villages comptant 488 enfants se partageant 5 salles de classe. Le mariste projette de construire 9 salles de classe supplémentaires. Le budget total pour 9 salles avec leur équipement se monte à 67’500 francs. En plus de la quête, le financement de ce projet passe par des ventes de crayons au prix de 2,50 frs.

Missio a édité un important matériel d’animation en vue du dimanche de la Mission universelle. Cette organisation, dont les bureaux se trouvent à Fribourg, est chargée de l’animation missionnaire en Suisse et au Liechtenstein. Elle est dirigée par le capucin Bernard Maillard. Un cahier présente Madagascar et en particulier le peuple des Bara, vers qui l’attention des catholiques suisses sera portée le 22 octobre. Frète Tiana y présente le cheminement de vie qui l’a amené à s’engager aux côtés de cette ethnie délaissée par le reste de la population malgache.

Animation, prière, liturgie, .

Le cahier d’animation propose également des textes, prières, commentaires et chants pour la messe du dimanche de la mission, ainsi que pour une messe des familles. D’autres formes d’animation, pour la catéchèse, les groupes de jeunes et autres rencontres, ainsi que du matériel (dossiers, images, dessins, chants, .) sont également présentées. Une journée ou demi-journée «intergénérations» s’adresse aux UP – à savoir les unités pastorales (ensemble de paroisses confié à une équipe pastorale) -, alors que les adeptes de la prière trouveront un déroulement de chapelet avec des mystères lumineux adaptés au thème de la mission. Les groupes paroissiaux se verront proposer une prière «missionnaire» de 10 minutes en guise d’introduction à une de leurs prochaines rencontres.

Différents articles (livres, calendriers, décorations de Noël, posters, croix, sets de table, bougies), dont certains proviennent de Madagascar, sont proposés à la vente pour «offrir et partager».

Pratique: Présentation du dimanche de la Mission sur le site internet www.missio.ch

Encadré:

Madagascar: une île grande comme 14 fois la Suisse

Peuplée de 18 millions d’habitants, Madagascar couvre une surface de 587’000 km2, soit 14 fois la Suisse. C’est la 4e plus grande île au monde, après le Groenland, la Papouasie- Nouvelle-Guinée et Bornéo. Sa langue officielle est le malgache, et sa langue «coloniale» le français.

Le pays compte 51% de chrétiens (dont 26% de catholiques et 23% de protestants), 47% d’animistes, 1,7% de musulmans et 0,3% d’autres communautés religieuses, dont des bouddhistes et des taoïstes issus de la communauté chinoise.

Le territoire des Bara, au sud du pays, sur le plateau de l’Horombe, est une sorte de no man’s land reculé et pratiquement désertique, une grande prairie ponctuée de palmiers. Les grands et forts Bara sont une ethnie composée de pasteurs nomades qui parcourent les grands espaces à la tête d’immenses troupeaux de zébus, symbole de richesse et fierté de tout un peuple.

Encadré:

Témoignage de Frère Tiana, morceaux choisis

«Les villageois étaient très méfiants et se posaient des questions sur les «squatteurs» de leur village. Je crois que le Père Colombi pensait que tout ce qu’il disait serait accepté par les Bara, mais malgré sa présentation et ses efforts, c’est le contraire qui se passa.

Après une semaine passée sous la pluie et dans le froid, ainsi qu’avec les puces qui nous empêchaient de dormir, nous avons décidé de partir . mais une petite lueur est apparue. Les villageois nous proposèrent alors une petite case et nous invitèrent à rester un peu plus longtemps. (.) Ce fut le début d’un dialogue. Ils nous dirent: «Le Père Colombi nous propose de prier, mais ça ne nous intéresse pas. C’est l’affaire des blancs. Ce que nous voulons, c’est que nos enfants puissent aller à l’école et après on verra».

Le zébu remplacé par le Christ:

«Le zébu occupe une place très importante dans la civilisation Bara, surtout pour les sacrifices. Le zébu prend la place des hommes et femmes, pour être tout offert à Dieu créateur, car c’est leur vie, c’est un grand amour que de donner cette vie, car un sacrifice est toujours source de vie, de bien être. Il doit remettre en place tous les désordres, pour la réconciliation. C’est ainsi que j’ai pu leur dire que le Christ a pris la place de ce zébu .»

«Je dérange»

«Je suis conscient que je cours des risques, car je forme les gens à connaître leurs droits et je dénonce l’injustice pratiquée par certains gendarmes qui profitent de leur pouvoir pour soutirer le plus d’argent possible. L’année dernière, des gendarmes ont lâchement racketté les villageois et profité des gens. Je suis intervenu énergiquement auprès des autorités. Après enquête, ces gendarmes ont reconnu les faits. Ils sont venus me voir pour demander pardon et négocier des possibles réparations. Depuis lors, les gendarmes ne passent plus dans les villages. Mais l’un d’eux m’a averti de faire attention à moi lorsque je vais en brousse.

Encadré:

Les Chanteurs à l’étoile ont rapporté près de 1,3 millions de frs

Les comptes 2005 de Missio se soldent par des entrées totales de 4’874’244 frs, dont un peu plus d’un million provient des dons généraux, et 914’000 de la collecte du Dimanche de la Mission Universelle. Les dons en faveur de la formation des agents pastoraux s’élèvent à 905’000 frs, et l’action des Chanteurs à l’étoile a rapporté presque 1,3 million.

Le reste des entrées financières provient de l’Oeuvre de la Propagation de la foi, de l’enfance missionnaire, des intentions de messe, des publications et d’autres projets.

Parmi le dépenses 2005 figurent l’administration pour un montant de 561’000 francs, la propagande pour 302’000 frs, l’information et la formation pour 575’000 frs, alors qu’un montant de 2,8 millions a été porté en réserve pour la répartition en 2006. Les dons recueillis en 2004, conformément aux décisions de l’Assemblée générale des directeurs nationaux des OEuvres Pontificales Missionnaires en mai 2005, ont été versés à raison de 545’000 frs pour des projets dans des diocèses au Paraguay et en Tanzanie, de 1,18 million de frs pour des projets en faveurs d’enfants dans 24 pays, de 692’000 frs pour des séminaires en Inde et en Afrique, et de 144’000 frs à l’UCIP (Union catholique internationale de la presse) en faveur de la formation. Le total des versements s’élève à 2,56 millions de frs.

(apic/bb)

29 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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