Une première rencontre pleine d’émotions

Fribourg: Le groupe brésilien Bagunçaço crée la fête au Phénix

Fribourg, 21 février 1999 (APIC) Malgré le début du carême, une ambiance carnavalesque a régné vendredi soir dans les salles du «Phénix» à la rue des Alpes à Fribourg. Le groupe musical brésilien «Bagunçaço», de Salvador da Bahia, invité officiel de Pain pour le Prochain, a fait vibrer un public chaleureux qui n’a pas hésité spontanément à se lever et danser aux rythmes de «xote», «merengue», «samba» et autres «pagode» sortis des instruments de percussion des jeunes musiciens.

Fribourg était la première ville de Suisse accueillir les musiciens et danseurs «Bagunçaco» de Salvador da Bahia, la capitale brésilienne de la culture noire. Joselito Crispim dos Santos, fondateur et animateur du groupe, a expliqué d’abord comment était née cette idée de créer par la musique – dans un quartier très pauvre de Salvador construit sur des pilotis plantés dans la mer – une communauté d’enfants et des adolescents à la recherche de dignité et de tendresse. Les jeunes artistes fabriquent eux-mêmes leurs instruments de percussion, les décorent avec joie et surtout apprennent ensemble à jouer dans le quartier, voire, comme lors du dernier carnaval de Salvador 99, à défiler fièrement dans un «bloque» de 1500 enfants pauvres dansant et chantant à travers la grande ville.

Puis chaque musicien s’est présenté personnellement. Arilma, l’unique jeune fille de la troupe venue en Suisse, en a profité aussi pour dire – avec une grande émotion dans la voix – sa reconnaissance à Pain pour le Prochain pour ce voyage incroyable. «Dire que ma mère au début ne voyait pas d’un bon œil ma participation au groupe «Bagunçaço»! Et pourtant cet après-midi, j’ai dévalé avec une luge les pentes de la Berra avec mes compagnons!. Première rencontre fabuleuse avec la neige que nous n’avions vue qu’à la télévision…»

Le public, dont une forte délégation de Brésiliens(es) habitant Fribourg et les environs, était conquis. Vive l’amitié fervente et les rythmes endiablés. Et aussi une présentation impeccable de la «capuiera», une danse fameuse de Bahia, qui est un divertissement proche des arts martiaux accompagné par une musique superbe en sourdine. Mais qui fut d’abord, au temps des esclaves noirs, une manière subtile de lutter contre les maîtres blancs et de prendre parfois la poudre d’escampette.

Luiza Huber, originaire du canton d’Uri, partie avec «Frères sans frontières»(aujourd’hui «Echanger»), il y a 20 ans au Brésil et habitant actuellement Salvador, accompagne le groupe «Bagunçaço» dans toute la Suisse. Elle peut ainsi traduire en français ou en allemand tous les commentaires et les appréciations des membres de Bagunçaço venus pour la Campagne de carême.

Charles Ridoré, secrétaire romand de l’Action de carême, a remercié chaleureusement les auteurs de la joie communicative jouée et dansée au Phénix. Tout en rappelant que le thème choisi par les chrétiens de Suisse ( «La solidarité crée l’emploi») cette année pour la montée vers Pâques coïncidait merveilleusement avec la présence des jeunes de Bagunçaço. Et que le sens de la fête fait partie intégrante de l’Evangile! (apic/ba)

21 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!