Déficit annuel de 90’000 francs

Fribourg: Le séminaire, en crise, lance une campagne de récolte de fonds

Fribourg, 23 octobre 2001 (APIC) Le séminaire diocésain enregistre depuis plusieurs années un déficit de 90’000 francs. Son supérieur, l’abbé Pierre Aenishaenslin, tire la sonnette d’alarme et envoie 160’000 dépliants à travers le diocèse pour trouver de nouvelles ressources.

«Les gens n’imaginent pas que la formation d’un séminariste s’élève à quelque 18’000 francs par an pour le logement et l’écolage, et même 25’000 francs en comptant l’infrastructure communautaire», souligne l’abbé Aenishaenslin dans le dernier numéro de l’hebdomadaire catholique «Le Nouvel Echo» édité à Lausanne. «Or, dans la quasi totalité des cas, une partie de ce montant seulement est couverte par l’aspirant à la prêtrise».

Résultat: les ressources dont disposent le séminaire ne suffisent plus, depuis plusieurs années, à couvrir les frais. Les deux quêtes, celle de novembre pour le séminaire et celle de Pâques pour les futurs prêtres, procurent chaque année environ 70’000 francs. Viennent s’ajouter quelques dons, nettement insuffisant pour payer l’accompagnement des quelque 22 séminaristes et 3 discernants confiés à l’abbé Aenishaenslin. «A ce train-là, le capital de la Fondation n’existera bientôt plus», souligne le supérieur du séminaire.

Un appel sera bientôt lancé dans toutes les paroisses du diocèse. Un dépliant, tiré à 160’000 exemplaires (dont 22’000 en allemand) sera distribué en tous-ménages sur Fribourg, joint au «Nouvel Echo» sur Vaud et ventilé par les vicariats épiscopaux à Genève et à Neuchâtel. Les paroisses catholiques recevront également un certain nombre de prospectus, à mettre au fond des églises. Cette action, qui bénéficie du soutien de l’évêque, Mgr Bernard Genoud, est combinée avec l’édition d’une cassette-vidéo montant la vie au séminaire.

Une des causes de la dégradation financière, selon Pierre Aenishaenslin, est le nombre croissant de vocations tardives. Les élèves actuels sont âgées de 20 à 45 ans, avec une moyenne de 33 ans, alors que les candidats au sacerdoce dépassaient autrefois rarement 27 ans. «Cette évolution a des effets négatifs sur les finances, car en général plus le séminariste est âgé moins la participation financière de sa famille est importante. Et nous refusons de demander le recours au 2e pilier. Ce serait très imprudent, car il n’est pas certain que le jeune homme qui entre au séminaire en sortira prêtre».

Une bourse est accordée par le séminaire à l’étudiant, après examen de sa situation par une commission. Il est demandé à chacun d’établir un budget en tenant compte de ses possibilités de ressource, notamment du soutien de la famille ou d’amis, et d’un apport par le travail durant les vacances. (apic/Echo/bb)

23 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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