Comment en est-on arrivé là ?
Fribourg: Les évêques suisses se penchent sur le manque des vocations sacerdotales
Fribourg, 16 mars 1998 (APIC) De nombreuses paroisses catholiques suisses se trouvent aujourd’hui sans prêtre. Comment en est-on arrivé là? Les évêques suisses abordent franchement les raisons de cette pénurie de prêtres en publiant lundi une lettre pastorale de 23 pages sur la question.
Les centres des vocations avaient demandé en 1995, à la Conférence des évêques suisses (CES) de s’adresser aux fidèles en leur rappelant «la responsabilité de tous pour l’éveil des différents ministères ordonnés dans l’Eglise». Le titre de la lettre publiée par le secrétariat de la CES reprend les mêmes termes. Les évêques suisses rappellent en outre que la pénurie des prêtres est l’un des leurs soucis majeurs. Un souci qui a été au centre des échanges «que nous avons eus avec Jean Paul II et ses collaborateurs de la Curie romaine lors de notre visite ad limina en septembre 1997», précise l’introduction de la lettre.
La note pastorale aborde une des raisons de la pénurie actuelle des prêtres, souvent évoquée dans l’opinion publique: «On accuse souvent, et peut-être hâtivement, l’exigence du célibat. Sans vouloir nier cet aspect important, il convient aussi de rappeler d’autres raisons. La pénurie de prêtre peut être interprétée comme un symptôme d’une crise de nos communautés chrétiennes» . La brochure elle-même, à la page 11, aborde aussi franchement la problématique de l’obligation du célibat : «A cela s’ajoute que le célibat, comme état de vie choisi, a perdu sa valeur et sa reconnaissance dans la société. Le phénomène courant que de plus en plus de personnes vivent seules n’y change pas grand chose. Bien au contraire, cela montre que ce n’est pas le célibat en soi, mais l’engagement des prêtres dans le célibat consacré qui aujourd’hui ne semble plus une évidence. Le célibat consacré du prêtre n’est plus crédible, comme allant de soi, mais perçu comme posant question».
Le célibat n’est pas seul en cause
Autres causes de la pénurie des prêtres pour les évêques: le nombre d’enfants dans les familles. «En effet avec une moyenne de 1,5 enfants par foyer, la question des candidats possibles au sacerdoce se pose d’une façon toute différente que lors des époques précédentes. Les auteurs de la note constatent aussi que les parents actuels désirent pour leurs enfants des promotions dans la société. «Devenir prêtres, à l’heure actuelle, n’est plus comme ce fut le cas auparavant , une promotion sociale».
«Les évêques suisses invitent les fidèles à prendre conscience de leur vocation personnelle à témoigner de l’Evangile. Ainsi les paroisses et les communautés prendront à nouveau leur responsabilité pour l’éveil des vocations. Tous ceux qui entendent un appel au sacerdoce se sentiront encouragés à y répondre rassurés par la prière et le soutien de tous. La lettre des évêques contenant des propositions et des idées nouvelles veut y contribuer», affirme encore le communiqué de présentation.
La brochure évoque d’abord le manque de prêtres, comme symptôme d’une crise profonde. Puis un chapitre est consacré aux causes de la pénurie des prêtres. Un autre est intitulé: «La vocation fondamentale de tous les chrétiens pour faire Eglise». Les évêques parlent ensuite «du sacerdoce ministériel au service du sacerdoce de tous les baptisés». Ils présentent enfin l’appel de Dieu à travers la médiation de l’homme et terminent par «les perspectives d’une pastorale des vocations paroissiales».
La préface de la brochure précise que «le message de évêques ne doit pas être interprété comme un nouvelle prise de position par rapport au document romain ’concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres’, document au sujet duquel les évêques suisses se sont déjà exprimés dans une déclaration le 3 décembre 1997». (apic/com/ba)



