La fin d’une présence de 128 ans
Fribourg: Les Soeurs de St-Paul ont fermé leur communauté de Bar le Duc
Bernard Bovigny, Apic
Fribourg, 11 juillet 2007 (Apic) La décision a été prise lors de son chapitre général qui s’est tenu en avril dernier. La congrégation des Soeurs de St-Paul, qui a sa maison mère à Fribourg, a fermé sa communauté implantée depuis 1879 à Bar le Duc et lancée par son fondateur, le chanoine Schorderet.
«C’est une longue page d’histoire qui se ferme», affirme Sr Cécile-Jean Boullenger, assistante générale de la congrégation et désormais ancienne responsable de la communauté de Bar le Duc. Il ne restait plus que trois religieuses sur place, une qui travaillait à l’imprimerie, et deux en activité à la médiathèque. Toutes sont âgées de 65 ans plus. Leur départ était programmé depuis 2002. Après l’imprimerie, qui n’était plus dans ses mains depuis plusieurs années, la congrégation a pris soin de confier sa médiathèque à deux laïcs mandatés par le diocèse. Les adieux officiels de la communauté ont eu lieu le 24 juin à l’église Notre-Dame de Bar le Duc, et le départ définitif des trois dernières religieuses pour Fribourg est prévu fin juillet. Au total, selon l’abbé Yves Gérard qui a tracé pour «Paroisses Vivantes» l’histoire de la communauté à Bar le Duc, 162 religieuses y ont séjourné, dont 31 sont encore de ce monde.
Déplacement des forces hors de l’Europe
Plus que de fermetures, les responsables de la congrégation évoquent un déplacement des forces. Deux communautés ferment leurs portes, celles de Bar le Duc en France et de Balata en Martinique, alors que décision a été prise lors du chapitre général en avril d’en ouvrir deux autres: au Burundi et à Hanoï au Vietnam. «Nos religieuses ne sont pas interchangeables», a affirmé à l’Apic Sr Cécile, pour expliquer ces décisions. Alors que la congrégation fleurit actuellement davantage dans les pays non-européens, cela ne va pas résoudre les problèmes de relève en Suisse et en France. «C’est une question de difficulté d’obtention des permis de séjour et aussi de langue, surtout pour les Vietnamiennes», souligne la Supérieure générale, Sr Michèle-Dominique Gisiger, qui aimerait bien que quelques religieuses des pays du Sud viennent soutenir les oeuvres de la congrégation en Suisse.
Il est vrai que les Européennes restent majoritaires dans la congrégation, mais plus pour longtemps: alors que la moyenne d’âge des religieuses hors de Suisse est de 47 ans, elle est de près de 76 ans en Suisse. Et sur les 9 communautés présentes ou programmées dans le monde – regroupant actuellement 117 religieuses -, deux (bientôt trois) se trouvent au Vietnam, trois au Madagascar, une au Cameroun, et bientôt une au Burundi. En Europe, ne subsistent que la communauté de la maison mère à Fribourg et une en France, à Bourg-en-Bresse.
Le dynamisme des religieuses dans les pays du Sud est sujet de satisfaction pour les responsables de la congrégation. «Lors du chapitre général, j’avais la joie de constater que les soeurs non européennes sont pétries du message de notre fondateur, le Chanoine Joseph Schorderet», assure Sr Cécile. Le Centre culturel de la congrégation à Fianarantsoa, à Madagascar, accueille tous les après-midi une cinquantaine de jeunes avides de mieux connaître la Parole de Dieu, donne en exemple Sr Michèle. (apic/bb)



