Elles célèbrent leur jubilé samedi 18 mars à l’Université de Fribourg
Fribourg: Les Soeurs de Ste-Ursule fêtent le 400e anniversaire de leur fondation
Fribourg, 16 mars 2006 (Apic) Les Soeurs de Ste-Ursule fêtent cette année le 400e anniversaire de leur fondation en 1606 par Anne de Xainctonge, à Dole, en Franche-Comté. Cette congrégation qui se consacre à l’entraide et à l’enseignement s’est installée à Fribourg en 1634. Elle célèbre son jubilé samedi 18 mars à l’Université de Fribourg.
Les Soeurs de Ste-Ursule d’Anne de Xainctonge sont réparties sur 4 continents: pour l’Europe, en Suisse, France, Allemagne, Belgique, Roumanie; pour l’Amérique, aux Etats-Unis; pour l’Afrique, au Tchad, Afrique du Sud, Congo, Côte d’Ivoire, et pour l’Asie, en Inde. Sept Maisons autonomes constituent la Fédération des Soeurs de Sainte-Ursule. En Suisse elles sont établies à Fribourg, Brigue et Sion. La Maison de Fribourg, qui compte une centaine de soeurs, comprend des communautés dans les cantons de Fribourg, Vaud, Jura, Genève et une communauté de mission au Tchad.
Enseignement, pastorale, formation, social. Tels sont les principaux domaines dans lesquels les religieuses de la Compagnie des Soeurs de Sainte Ursule, membres de la famille ignatienne (saint Ignace de Loyola) depuis 1606, s’engagent depuis 400 ans. La congrégation a entamé en juin dernier son année jubilaire, qui se terminera en Suisse les 5,6,7 mai prochain par des journées portes ouvertes à la Maison de Ste-Ursule, rue de Lausanne 92, à Fribourg. Un spectacle intitulé «Anne», oeuvre du réalisateur et acteur Hubert Theler, sera également donné à cette occasion. Les Ursulines du Valais organisent une fête le 18 juin 2006, en présence de leur évêque, Mgr Norbert Brunner.
La fête officielle du 400e anniversaire aura lieu du 8 au 9 juillet 2006 à Dole, dans le Jura français, lieu de fondation de la Compagnie de Sainte Ursule d’Anne de Xainctonge, à ne pas confondre avec leurs «cousines», les Soeurs de Ste-Ursule de Angèle de Mérici.
Historique de la Maison de Fribourg
Arrivées à Porrentruy en 1619 à la demande du prince-évêque de Bâle, Guillaume Rinck de Baldenstein, les soeurs de Sainte-Ursule doivent bientôt affronter la guerre de Trente ans. Aussi, en mars 1634, la communauté se disperse et une douzaine de soeurs part pour Fribourg, où une fondation était demandée depuis plusieurs années par des personnes proches des Jésuites établis au Collège Saint-Michel.
Après avoir séjourné quelque temps à la Rue de Morat, elles s’installent, en 1638, dans une maison située près de la porte du Jaquemart, appelée la Cigogne. Elles commencent immédiatement à ouvrir des classes et à accueillir des jeunes filles fribourgeoises désireuses d’entrer dans la Compagnie de Sainte-Ursule.
Reçues officiellement par les autorités en 1646, les soeurs agrandissent leurs bâtiments, et la nouvelle église est consacrée en 1655 par Mgr Knab, prévôt de Lucerne et évêque de Lausanne, qui manifeste alors son souhait de voir des Ursulines s’installer à Lucerne. Le désir de l’évêque est exaucé en 1659 et cinq soeurs fondent la communauté de Lucerne qui connaîtra un grand rayonnement (ouverture notamment de communautés à Baden, à Fribourg-en-Brisgau en 1696) jusqu’à sa fin brutale en 1847, suite à la guerre du Sonderbund.
A Fribourg, la réputation de l’école Sainte-Ursule s’accroît rapidement et les effectifs atteignent bientôt plusieurs centaines d’élèves, réparties entre les pensionnaires, les élèves de l’externat populaire et les servantes qui bénéficient d’une instruction spéciale le dimanche.
Les femmes adultes, quant à elles, ont la possibilité de recevoir des cours particuliers, de faire une retraite annuelle ou de devenir membres de la congrégation mariale.
En 1798, les troupes révolutionnaires venues de France réquisitionnent le couvent Sainte-Ursule et les soeurs reçoivent l’hospitalité des cisterciennes de la Maigrauge, sise en basse ville. Elles assistent au pillage et à l’incendie de leur maison et ce n’est qu’en 1804 que les lieux leur seront restitués, sur décision du Grand Conseil. Le couvent est transformé, réparé, grâce à l’aide du canton et de l’Eglise. Les classes rouvrent bientôt, les vocations affluent et une communauté est ouverte en 1837, à Sion.
Les affres du Sonderbund
Le Sonderbund apporte son lot de misères et, en 1848, l’Etat s’empare de tout ce qui appartient aux soeurs, disperse élèves et novices, et n’accorde aux 44 soeurs qu’une subvention de subsistance. Il faut attendre jusqu’en 1859 pour que l’école et le noviciat puissent rouvrir. De nouvelles communautés voient le jour dans la campagne fribourgeoise, par exemple à Charmey en 1867 et à Orsonnens en 1868.
Au début du XXe siècle, le nombre de soeurs connaît une grande croissance et de nombreux pensionnats et écoles sont ouverts: école supérieure de commerce, école normale, école agricole, école de nurses, école de langues etc. En 1947, la Maison de Porrentruy se trouve dans une situation difficile, elle cherche à s’unir à une autre communauté et c’est vers Fribourg qu’elle se tourne. Elle devient ainsi une filiale de Fribourg.
Dans la deuxième partie du XXe siècle, la communauté abandonne plusieurs écoles, faute de soeurs, la moyenne d’âge ne cessant d’augmenter. Une partie des bâtiments du couvent est louée à l’Ecole de la Foi et, dans une aile de la maison est créé le Centre Sainte-Ursule, lieu de réflexion, de prière et de formation au service des paroisses de Fribourg.
Au début des années 60, dans la mouvance du Concile Vatican II, plusieurs soeurs partent pour la Guinée où elles resteront quelques années avant d’être chassées par le régime en place. En 1969, une nouvelle communauté s’installe au Tchad et travaille dans le développement, l’éducation et la formation d’adultes. 1997 voit l’ouverture d’une communauté à Onex, comprenant des soeurs de plusieurs Maisons de la Fédération. Au début du XXIe siècle, la Compagnie Sainte-Ursule compte 94 soeurs, réparties en une douzaine de communautés sises dans les cantons de Fribourg, Jura, Genève ainsi qu’au Tchad. Com/JB
Encadré
Faire pour les filles ce que les Jésuites faisaient pour les garçons
Anne de Xainctonge est née à Dijon en 1567. Désireuse de faire «pour les filles ce que les Jésuites faisaient pour les garçons», elle perçoit l’appel à partir pour Dole et fonde en 1606 une nouvelle communauté féminine: les Soeurs de Ste-Ursule de Dole. Pour Anne, cette communauté devait être non-cloîtrée afin que les soeurs puissent se mettre au service de filles et de femmes de son temps, afin qu’elles puissent être proches de la population. Ainsi, avec ses premières compagnes, elle va réaliser une forme de vie communautaire, sans clôture, au service de l’éducation «des filles et des femmes» de son temps. Sa pédagogie comme sa spiritualité sont inspirées de Saint Ignace de Loyola. Anne de Xainctonge meurt le 8 juin 1621. Actuellement, l’ensemble de la congrégation compte près de 500 religieuses dans le monde. Les Ursulines de Brigue comptent une centaine de membres, et celles de Fribourg 94. (apic/com/be)



