Vers une autre répartition de la quête annuelle en faveur de l’Uni?

Fribourg: Mgr Genoud critique la non-bénédiction des nouveaux bâtiments de l’Uni

Fribourg, 10 février 2006 (Apic) L’évêque du diocèse s’associe aux étudiants catholiques qui demandent que les nouveaux bâtiments universitaires soient bénis. Mgr Genoud s’interroger sur l’opportunité de trouver une autre répartition de la quête faite parmi les catholiques en faveur de l’Université. «Il y a d’autres Facultés de théologie dans le pays». En 2004, la quête avait rapporté près de 550’000. Elle dépassait le million en 1988.

Dans un entretien accordé au quotidien fribourgeois «La Liberté», Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg dit ne pas comprendre «comment un recteur peut s’arroger le droit de faire des choix aussi essentiels sur l’identité de l’Université». La Constitution fribourgeoise, relève-t-il, reconnaît clairement la place et le rôle des Eglises dans les écoles publiques. «C’est une volonté du peuple fribourgeois. La bénédiction de l’Université n’aurait donc pas été déplacée, bien au contraire!».

Les nouveaux bâtiments ont été inaugurés le 28 octobre, «sans eau bénite». En décembre, un groupe de signataires où figuraient deux conseillers nationaux – la PDC Thérèse Meyer et l’UDC Jean-François Rime – regrettaient l’absence de tout geste religieux lors de cette manifestation. L’Uni de Fribourg est certes d’Etat, mais a toujours été perçue comme l’Université des catholiques suisses. Elle bénéfice a ce titre d’une quête officielle annuelle faite dans les paroisses du pays, avec la bénédiction et la recommandation des évêques suisses.

Samedi dernier, le pasteur Michel Lederrey relevait dans «La Liberté» qu’une bénédiction aurait introduit «un peu de dialectique humaniste» dans une approche purement économique de la réalité. «Le refus de bénir l’Uni appauvrit l’homme», estimait le pasteur.

Début janvier, le rectorat avait tenté de calmer le jeu en procédant à une cérémonie oecuménique dans un «espace de recueillement interreligieux» prévu dans l’enceinte de l’Université. Mais les étudiants protestataires ont dénoncé le «néant spirituel» de l’endroit et la «déchristianisation injustifiable» de l’Université.

A la fin janvier, le rectorat recevait les étudiants et leur signifiait son refus d’entrer en matière: l’Université étant une institution étatique, les rites confessionnels en sont bannis par la Constitution.

Il y a d’autres Facultés

Une vision que Mgr Genoud conteste: «Sous prétexte de respecter une minorité, on en vient à manquer de respect pour la majorité. L’Etat m’a invité à bénir une autoroute, mais on refuse que je bénisse les étudiants d’une Université qui doit énormément aux catholiques de ce pays… Oser dire, comme le fait le rectorat, que la chapelle de l’Université est une «dérogation aux règles constitutionnelles» et qu’elle est juste «tolérée», il faut le faire! Faudra-t-il bientôt enlever les clochers de nos églises?»

L’évêché va-t-il s’associer aux étudiants qui demandent la bénédiction des locaux? «Je n’exclus pas d’entrer en matière, en effet. Comme on peut s’interroger sur l’opportunité de trouver une autre répartition de la quête faite parmi les catholiques en faveur de l’Université. Il y a d’autres Facultés de théologie dans le pays».

Egalement interrogé sur les caricatures de Mahomet, l’évêque dit désapprouver la violence des réactions, mais comprendre qu’ils soient blessés. «Ils ont une sensibilité extrême à l’image. C’est une autre mentalité, qu’il faut respecter». «La liberté d’expression n’inclut pas le droit d’insulter les autres».

Encadré

La quête 2004 pour l’Uni avait atteint un montant de 541’960.– ventilés comme suit: Etudes et colloques: 150’000.-. Part aux salaires pour l’aumônerie catholique 53’800.-. Part à la théologie pastorale 40’000. Accompagnement des étudiants en théologie 20’000.-.Publications scientifiques 111’000.-. Bourses à des étudiants du Tiers Monde et de l’Europe de l’Est 46’400.-. Fondation Pro Universitate Friburgensi 86’500.-. Publicité pour l’Université et pour la collecte 34’260. Cette quête a été instituée en 1949.

L’Université de Fribourg, conçue en 1889 comme Haute Ecole des catholiques de Suisse, tout en gardant à l’esprit sa mission, s’est adaptée aux réalités tout au long de ses bientôt 120 ans d’existence. Cherchant constamment à développer dans chaque faculté et institut une formation scientifique solide, l’Université de Fribourg est aujourd’hui dans ce domaine une institution reconnue. (apic/Lib/arch/pr)

10 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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