Fribourg: Ouverture de la 20e édition du Festival international de films de Fribourg (FIFF)
Pascal Couchepin plaide pour un «métissage des cultures»
Fribourg, 13 mars 2006 (Apic) L’avenir est au métissage des cultures, a affirmé dimanche soir le conseiller fédéral Pascal Couchepin, en ouverture de la 20e édition du Festival international de films de Fribourg (FIFF). Citant le grand poète africain Léopold Sédar Senghor, l’apôtre de la «négritude» qui fut le 1er président du Sénégal, le ministre fédéral de la culture a estimé que ce ne devrait pas être un magma informe et sans goût mais la capacité de chaque culture de se transformer au contact d’autres cultures.
Saluant les représentants de la Berne fédérale, des autorités du canton et de la ville de Fribourg, qui sponsorisent l’événement, Jean-François Giovannini, président du FIFF, a d’abord rappelé les «inventeurs», il y a 26 ans, de ce qui est aujourd’hui le Festival international de films de Fribourg: Magda Bossy, à l’époque secrétaire romande d’Helvetas, la «maman du Festival», et Yvan Stern, alors responsable de l’Office catholique du Cinéma pour la Suisse romande. Grâce à ces pionniers, le Festival s’est donné pour but de faire tomber les frontières religieuses, politiques, culturelles.
Cette 20e édition, a lancé l’ancien directeur suppléant de la Coopération suisse au développement (DDC), va permettre de faire sauter la «dernière frontière», celle des langues. En effet, cette année, tous les films en compétition du FIFF seront sous-titrés en allemand grâce au soutien de la Stanley Thomas Johnson Foundation. Il s’agit notamment de déborder de la Suisse francophone, également pour trouver des annonceurs nationaux.
Le cinéma, un oeil ouvert sur le monde
Syndic de Fribourg, Jean Bourgknecht a rappelé que le cinéma était un oeil ouvert sur le monde, ouverture à d’autres cultures, d’autres perspectives, d’autres idées, d’autres visions du monde. Et dans ce sens, a-t-il souligné lors de la cérémonie d’ouverture, le FIFF a toujours été fidèle à son but, qui est aussi d’apporter une contribution à un monde plus solidaire. Claude Grandjean, président du Conseil d’Etat fribourgeois, a également salué la «vista» des initiateurs de ce Festival et de ceux qui en ont pris la relève, en souhaitant que cette «mondialisation des cultures» amène plus de compréhension et de tolérance.
Le conseiller fédéral Couchepin l’a souligné également: dans cette époque difficile, il faut éviter «le clash des civilisations, qui a quelque chose de sordide», et aller au-delà du dialogue des cultures. Et de rappeler que même la gastronomie française voit pointer des senteurs et des goûts nouveaux, et qu’il faut par conséquent découvrir ce qu’il y a d’extraordinaire dans les autres cultures, avant de plaider pour que les pays riches, s’ils veulent vivre en paix, apportent leur aide aux pays en développement, «sans leur imposer nos modèles!»
A la fin de la cérémonie officielle, le public venu nombreux a pu découvrir le premier long métrage du jeune réalisateur chinois Ning Cai (né en 1963 en Mongolie intérieure), «Ji Feng Zhong De Ma», «la saison du cheval», qui décrit les derniers soubresauts d’une culture nomade, celle d’une famille de bergers mongols dans une steppe devenue aride.
Lancé pour la première fois en 1980 – il s’agissait alors de «films du tiers-monde» passés dans des arrières salles de centres paroissiaux, à une époque où ils étaient inaccessibles au grand public -, le FIFF se tient jusqu’au 19 mars prochain à Fribourg. Il attire bon an mal an pas loin de 30’000 spectateurs, pour un budget qui se monte comme les années précédentes à environ 1,5 million de francs, tout en restant dans les chiffres noirs. JB
Encadré
Dix longs métrages concourent pour Le Grand Prix «Le Regard d’Or»
Dix longs métrages (dont une première internationale et deux premières mondiales) concourent pour Le Grand Prix «Le Regard d’Or» du FIFF, d’un montant de Sfr. 30’000.– (doté par l’Etat et la Ville de Fribourg), le Prix spécial du Jury de Sfr. 5000.–, offert par la Société Suisse des Auteurs (SSA) et Suissimage, ainsi que le prix Oikocrédit, décerné pour la première fois cette année.
Les autres récompenses sont le Prix du Jury FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique), qui a pour but de promouvoir le jeune cinéma; le Prix du Jury oecuménique (Sfr. 5000.– offerts par l’Action de Carême et Pain pour le Prochain); le Prix «Don Quijote» de la FICC (Fédération internationale des ciné-clubs); le Prix du mouvement des volontaires pour le développement E-CHANGER (doté de Sfr. 5’000.–) et décerné par le Jury des Jeunes, ainsi que le Prix du public du même montant offert par la Direction du développement et de la Coopération (DDC). La compétition pour le Prix du Documentaire présente neuf films (dont deux premières mondiales et trois premières européennes) qui privilégient une approche personnelle et engagée. JB
Les informations sur le FIFF, ainsi que le programme sont disponibles sur le site: www.fiff.ch
(apic/be)



