La foi par le contact direct, les symboles et le chant
Fribourg: Pâques avec le monde des handicapés (010494)
Fribourg, 1eravril(APIC) Les handicapés mentaux enfants et adultes du
canton de Fribourg se sont préparés à la fête de Pâques par la catéchèse ou
par des célébrations durant lesquelles la parole laisse davantage de place
aux contacts directs, aux objets symboliques et aux chants. Deux «manifestations» se sont ainsi déroulées au Home-atelier «Linde» à Tinterin et à
Notre-Dame des Grâces avec des résidents de la Colombière à Givisiez.
Une musique empruntée à la liturgie orthodoxe tente de calmer les quelques cris engendrés par les déplacements en chaises roulantes. Puis le calme vient peu à peu. La célébration peut débuter. D’une certaine manière,
elle a déjà commencé lorsque les animateurs du Centre oecuménique de catéchèse spécialisée (COFPS) ont accueilli la trentaine d’adultes handicapés
du Home-atelier «Linde» de Tinterin et la quinzaine d’éducateurs qui les
accompagne.
La phase de l’accueil revêt une importance considérable dans ce milieu.
Plus qu’une simple rubrique liturgique, elle constitue le moment où handicapés et éducateurs s’apprivoisent mutuellement et établissent des liens de
confiance pour la suite de la célébration. Lorsque tout le monde est installé et le calme plus ou moins revenu, Bernard Jungo et Nelly Küster, assistants pastoraux, passent auprès de chaque handicapés pour l’appeler par
son prénom et établir un contact direct avec lui. Roberto rit à pleines
dents lorsqu’il entend prononcer son nom et que l’animatrice pose ses mains
dans les siennes. Benoît, lui, ne veut plus déserrer celles qui tiennent sa
paume.
«Pour moi»
En ce Jeudi Saint, les responsables du Home et les animateurs pastoraux
ont voulu préparer les résidents à la fête de Pâques par une célébration où
le message de résurrection passe davantage par le contact personnel. Lorsque l’abbé Gaston Thiémard, aumônier cantonal de la pastorale spécialisée,
demande «pour qui pourrions-nous prier?», les réponses fusent instantanément: «Pour moi», lance spontanément Benoît, afin de manifester sont désir
d’être reconnu. «Pour mon papa», «pour ma maman», «pour nous», proposent
ceux qui arrivent à s’exprimer. Et les autres… ceux qui ne manifestent
pratiquement rien de leurs sentiments, comment vivent-ils ce genre de célébration? «On met l’accent sur la relation», soulignent Bernard Jungo.
Se sentir accueilli
Pour les résidents de la Colombière à Givisiez, la célébration de Pâques, qui s’est déroulée jeudi après-midi, a été l’occasion d’une sortie.
Un minibus a conduit les 14 pensionnaires et 6 animateurs au pied de la
Berra, à la chapelle de Notre-Dame des Grâces à Montévraz. Une ambiance
rassurante et intime accueille les participants dans le lieu. La lumière
des vitraux et la douce musique de Bach ont tôt fait d’apporter le calme
nécessaire pour faire passer le message de vie. Comme à Tinterin, chacun
est appelé par son prénom. Le contact direct est là aussi prépondérant. Et
si les pensionnaires ne se lassent pas des chants, les temps de paroles, en
revanche, ne les tiennent en haleine que quelques instants. Le message de
résurrection passe par le symbole des branches nues qui s’ornent de fleurs
posées en croix. «C’est beau», disent les uns. «Oh les fleurs», s’exclament d’autres…. Le message de vie a passé.
La célébration ou la catéchèse
Les enfants qui fréquentent une école spécialisée se sont préparés à Pâques la semaine précédente. Ceux de la Roche et du Clos-fleuri ont découvert le message de la résurrection lors d’une célébration animée par leurs
catéchistes. Il en fut aussi ainsi pour les enfants du Centre éducatif et
scolaire et pour ceux de la Rose à Romont. La plupart du temps, ces célébrations sont présidées par l’abbé Thiémard, et parfois par un prêtre du
lieu qui collabore avec le Centre oecuménique de catéchèse spécialisée, en
donnant quelques heures de catéchèse dans les classes spéciales.
Dans les autres insitutions du canton, le message de Pâques a été transmis durant les heures habituelles de catéchèse ou, comme aux Buissonnets à
Fribourg, lors d’une célébration de la Parole organisée par la catéchiste
elle-même. (apic/id/bb(pr)
ENCADRE
Depuis 1966, une initiative oecuménique
L’histoire de la pastorale en milieu spécialisé dans le canton de Fribourg est liée à l’engagement du Père capucin Blanchard Wernli. Après avoir
étudié la pédagogie curative et enseigné la catéchèse à la Farandole, au
début des années 60, il met en place une aumônerie pour les handicapés en
1966. A la demande de l’évêque, il cherche immédiatement à donner une
orientation oecuménique à cette aumônerie.
La dénomination de Centre oecuménique de pastorale spécialisée apparaît
en 1989. Elle correspond à un agrandissement de la structure, qui touche
aussi bien le domaine de la catéchèse que celui des célébrations dans tous
les domaines liés aux handicapés physiques et mentaux.
Actuellement, le Centre regroupe 18 catéchistes, dont 4 prêtres, qui
donnent de une à deux heures de leur temps jusqu’à 2/3 temps, pour un
total de 300 élèves dans 12 institutions du canton. A ces catéchistes
s’ajoutent deux assistants pastoraux à mi-temps, envoyés dans 11 institutions d’adultes, ainsi qu’une coordinatrice cantonale: Soeur Anne-Roger
Prétôt, qui a succédé au Père Blanchard parti en 1991. Un aumônier cantonal, l’abbé Thiémard, et un pasteur réformé, dont le poste est actuellement
à repourvoir, complètent l’effectif «professionnel» du COFPS.
Un Conseil cantonal, présidé par Benjamin Brülhart, directeur du Home
Linde à Tinterin et de la Colombière à Givisiez, regroupe 20 personnes issues de différents milieux concernés: Eglises, associations, institutions
spécialisées et parents d’enfants handicapés. Il se réunit quatre fois par
an pour donner les principales orientations du Centre. Celles-ci sont mises
en applications par un Bureau exécutif de 5 personnes, animé par Soeur Anne-Roger Prétôt. (apic/id/bb/pr)



