Libres et heureux, mais comment?

Fribourg: Rencontre cantonale des religieuses et religieuses

Fribourg, 2 février 2005 (Apic) Les religieuses et les religieux du canton de Fribourg se sont retrouvés le 2 février à la paroisse du Christ-Roi pour leur journée annuelle de la vie consacrée. Ils se sont mis à l’écoute du dominicain Bernard Bonvin, qui a donné une conférence sur la liberté et le bonheur.

La liberté, dans la Grèce antique, était acquise à qui pouvait vivre dans une cité, en respectant ses lois. Or, aujourd’hui, l’appartenance à une communauté sonne comme une entrave à a liberté, a affirmé le Père Bonvin, âgé de 72 ans, qui a accompli la plus grande partie de son ministère dans le milieu étudiant et dans la formation continue des agents pastoraux à Genève. Devant plus de 180 religieuses et religieux réunis à Fribourg, le dominicain a cerné les enjeux de la véritable liberté et du bonheur.

L’être humain, en rêvant de liberté, est obsédé par l’idée de maîtriser la nature. «Et si les limites que nous posent la nature étaient une chance pour nous? Et si cela nous incitait à changer l’échelle de nos valeurs?», s’est demandé le conférencier.

Certes, le bonheur, le plaisir et la joie motivent nos actions, «mais faire du plaisir le but ultime de notre existence peut s’avérer désastreux», a affirmé Bernard Bonvin, en soulignant que le renoncement n’était pas l’inverse du plaisir, mais une de ses composantes. Etre libre, pour le dominicain, «c’est être des pèlerins du bonheur». Interrogé par un capucin souhaitant revoir apparaître un François d’Assise pour dénoncer le pouvoir de l’argent comme moteur de l’humanité (»Un président est capable de déclencher une guerre provoquant des milliers de morts pour conquérir un pays pétrolier»), le Père Bonvin confirme que pour lui, «la fascination de l’argent nous aveugle sur le véritable bonheur».

Encadré:

La vie religieuse, un monde en diminution

Le monde religieux, dans le canton de Fribourg, cela représente un peu plus de 550 hommes et femmes, membres de communautés. Au cours des années, leur activité s’est essentiellement étendue dans les domaines éducatif, scolaire, social, médical et pastoral. «Il y a deux ans, Fribourg comptait 660 religieuses et religieux», précise Sr Anne-Thérèse Wyssmüller, présidente du Bureau des religieuses du canton de Fribourg. La moyenne d’âge demeure très élevée dans le canton. Ces dernières années, plusieurs congrégations ont d’ailleurs dû renoncer à certaines activités ou abandonner un lieu de vie communautaire. BB

Encadré:

Le bonheur, qu’est ce que cela signifie dans la vie d’une religieuse ou d’un religieux?

– Frère Fernando, mariste, aumônier aux établissements pénitentiaires de Bellechasse: «Pour moi, c’est rencontrer les prisonniers. C’est une activité qui me ressource. C’est en partageant avec eux que je comprends ce que cela signifie d’être libre».

– Sr Monique, religieuse de St-Paul: «Le bonheur, pour moi, c’est de garder le contact avec la nature. Lorsque je peux me promener, je décompresse, je respire un bon coup. Je suis heureuse en observant la nature qui surgit au printemps».

– Frère Paul, franciscain, animateur de sessions: «Il y a plein de petits bonheurs que je retrouve dans ma vie. Par exemple la véritable rencontre avec les personnes. Je suis toujours content de pouvoir entrer dans un véritable partage avec quelqu’un».

– Soeur Eva, missionnaire de St Pierre Claver: «Etre religieuse, c’est cela mon bonheur: témoigner du Christ et de l’Evangile et vivre en communauté». BB

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/bb)

2 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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