Publication prochaine d’un document diocésain
Fribourg: Sortir de l’Eglise et opter pour un mariage à l’autel: ce sera possible
Fribourg, 15 mars 2002 (APIC) Sortir de l’Eglise et opter pour un mariage à l’autel: ce sera possible. Dans un article publié lundi par «La Liberté» de Fribourg, que publie ci-dessous l’APIC, Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, se prononce sur les conséquences des sorties d’Eglise. Pour les catholiques en «rogne» contre leur curé ou leurs autorités, il sera désormais possible de payer l’impôt à un autre organisme que leur propre paroisse, écrit le journaliste Vincent Chobaz.
Sortie d’Eglise, mode d’emploi. Les paroisses demandent depuis plusieurs années à l’évêque du diocèse Bernard Genoud une prise de position claire sur les conséquences pastorales des sorties d’Eglise. Si ce phénomène reste aujourd’hui marginal, il s’est tout de même renforcé depuis l’entrée en vigueur des nouveaux statuts dont s’est dotée l’Eglise catholique fribourgeoise en 1997. Après plusieurs retouches, Mgr Genoud s’apprête à signer un document qui doit clarifier quelques points de ce dossier explosif. Parmi ces derniers: la possibilité offerte au contribuable de verser l’impôt à un autre organisme que sa propre paroisse, et le droit aux sacrements pour les baptisés sortis de l’Eglise, vont faire couler beaucoup d’encre. Après un accouchement difficile – pour ne pas dire douloureux – qui a révélé des divergences au sein même de la hiérarchie, le texte est désormais sous toit. Ne manque plus que la ratification de l’évêque. «Imminente», assure le vicaire épiscopal Jacques Banderet. Le document sera ensuite présenté – pour information uniquement – devant les différentes instances de l’Eglise catholique fribourgeoise avant d’entrer en vigueur cette année encore.
Une alternative restrictive
Le volet fiscal de ce document vise uniquement les contribuables qui souhaiteraient ne plus verser l’impôt à leur propre paroisse suite à une «rogne» avec le prêtre ou l’autorité du lieu, mais qui n’envisagent pas de sortir de l’Eglise. Aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative possible.
L’actualité de ces derniers mois a notamment mis en lumière les cas de Belfaux ou de la paroisse Saint-Paul à Fribourg où des paroissiens ont préféré verser leurs impôts sur un compte bloqué plutôt que de financer une paroisse avec laquelle ils ne partageaient plus les options.
A qui sera destiné cet argent? A un fonds en faveur des paroisses économiquement faibles, fonds qui existe déjà dans les statuts. Administrateur des emplois pastoraux, Jean-Pierre Equey précise que ce fonds est uniquement destiné à soutenir le ministère paroissial. En clair, les paroisses qui en bénéficieront ne pourront pas en profiter pour restaurer le clocher de leur église. Les contribuables qui verseraient leur contribution à ce fonds, insiste le vicaire épiscopal, «ne le feraient qu’après une procédure de long dialogue avec les prêtres et les Conseils de paroisse».
Pour tout le monde
Cette initiative de Mgr Genoud a déjà provoqué des réactions, l’an dernier, lorsque «La Liberté» en a présenté les principaux contours. Une majorité de Conseils de paroisse la voit bien évidemment d’un oeil sombre, puisque son entrée en vigueur rime avec une possible diminution de leurs rentrées fiscales.
Autre volet qui va faire grincer quelques dents: les suites pastorales d’une sortie d’Eglise. Est-ce qu’un prêtre peut célébrer un enterrement pour un défunt qui ne payait plus l’impôt paroissial? Si oui, doit-il être payé à l’acte? Même question pour un mariage ou une première communion. Là encore, sur le terrain, les prêtres et les Conseils de paroisse étaient laissés à eux-mêmes et réclamaient une prise de position claire de l’autorité diocésaine. Voilà qui est fait. A l’exception des apostats et autres schismatiques, tous les baptisés sortis de l’Eglise pourront bénéficier de services pastoraux ponctuels.
En outre, il sera possible de réintégrer l’Eglise en tout temps. Celui qui n’a pas payé son impôt pendant 40 ans et qui décide de renouer avec l’Eglise à la veille de sa mort aura droit à l’eau bénite et à l’encens.
Plusieurs paroisses, ne voyant rien venir, avaient empoigné le problème et toutes n’étaient pas parvenues aux mêmes conclusions que l’évêque. A Romont, par exemple, une ligne de conduite excluant toutes célébrations religieuses à l’église pour les «sortants» a ainsi été adoptée. Ces paroisses devront faire marche arrière. (apic/vic/pr)



