Apprendre la collaboration entre prêtres et laïcs
Fribourg: Table ronde publique au Colloque européen des paroisses
Bernard Bovigny, agence Apic
Fribourg, 10 juillet 2003 (Apic) Les participants au Colloque européen des paroisses (CEP), tenu du 6 au 10 juillet à Fribourg, ont invité le public à débattre avec eux de l’avenir des paroisses à l’aula de l’université. Si le principe de la formation d’équipes pastorales avec des prêtres et les laïcs est unanimement salué, la collaboration sur le terrain grince en de nombreux endroits, comme l’ont affirmé plusieurs témoignages émanant de l’assemblée.
La paroisse? Si elle demeure une communauté de fidèles, continuera de remplir sa fonction de cellule d’Eglise. Les participants à la table ronde de mercredi soir, sous l’animation du journaliste André Kolly, directeur du Centre catholique de radio et télévision à Lausanne, ont affirmé leur foi en l’avenir de la paroisse devant un public formé de quelque 250 personnes, dont une moitié de paroissiens de la région de Fribourg.
Ainsi, Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a souligné que l’Eglise a résisté depuis 2000 ans à la chute de tous les empires, car elle dépend de Dieu. Il n’a donc aucune inquiétude sur la pérennité de la paroisse, appelée à se transformer, mais pas à disparaître.
L’abbé Gaspard Mora, professeur de théologie morale à l’Université de Barcelone, a constaté pour sa part que la structure paroissiale a beaucoup évolué, notamment durant le 20e siècle. Mais l’importance est de conserver l’esprit qui l’anime. «Définir la communauté chrétienne à partir de sa mission est dangereux. Il convient de se rappeler qu’elle se constitue à partir de l’Evangile», a lancé le professeur Mora.
Et les jeunes, qu’attendent-ils de la communauté chrétienne? Rainer Gehrig, assistant pastoral à Fribourg-en-Brisgau, se trouve sans cesse confronté à leurs questions. «Dans la recherche de leur propre identité, les relations demeurent essentielles pour les jeunes», soutient-il. Ainsi, ils jugent l’Eglise «vivante», «authentique» ou «spontanée». Bref: que des caractéristiques très personnalisées. «Les jeunes demandent des réponses concrètes. Ils sont très critiques et interrogent les animateurs: Qui suis- je pour vous?». L’avenir de l’Eglise, pour Rainer Gehrig, réside dans sa capacité à donner des réponses authentiques à ces jeunes qui en ont soif.
Oser reconstruire à partir de zéro
«Une partie de la paroisse est destinée à mourir». C’est ce qu’a affirmé le Genevois Paul Baertschi, sans préciser de quelle partie il s’agissait (»A chaque paroisse de le définir»). Ce laïc bénévole, actif aussi bien au niveau paroissial que cantonal, a largement entendu durant le colloque que la crise actuelle des paroisses et les changements qui s’opèrent sont abordés à partir du manque de prêtres. Même si des éléments théologiques viennent justifier les options par après. L’idéal, selon lui, serait de tourner autrement la question et d’oser reconstruire la pastorale à partir de zéro.
L’abbé Claudio Como, curé à Udine en Italie et président du CEP, relève les apports du colloque dans la réflexion sur l’avenir de la paroisse. Même si sa porte d’entrée est constamment affublée du billet «En cours de travaux», la paroisse reste une cellule d’Eglise à partir de laquelle il est possible de faire rayonner l’Evangile. «Et le fait que le colloque réunisse 240 participants montre que nous croyons en la paroisse», a lancé l’abbé Como.
Plusieurs interventions de l’assemblée ont permis aux invités de la table ronde de constater que la collaboration entre prêtres et laïcs, nécessaire pour assurer l’avenir des paroisses, ne fonctionne pas partout à merveille, loin de là. Ainsi, une assistante pastorale belge et une laïque bénévole autrichienne ont détaillé les conflits apparus dans les équipes pastorales de leur région. Des paroles qui ont touché Mgr Genoud, lequel a réaffirmé son credo dans le partage des responsabilités entre prêtres et laïcs pour la prise en charge des paroisses. Ainsi, tous les agents de la pastorale auront des lieux de formation commun en Suisse romande, afin d’expérimenter d’entrée la coresponsabilité, indispensable pour la prise en charge des unités pastorales qui se créent actuellement dans les diocèses romands.
Des photos de ce colloque peuvent être commandées à l’Agence CIRIC, tél.:026 426 48 38. (apic/bb)



