L’éthique, seul contrepoids à la technique et à l’économique

Fribourg : Voeux du gouvernement aux autorités religieuses fribourgeoises

Fribourg, 11 janvier 2008 (Apic) Le Conseil d’Etat fribourgeois a présenté vendredi 11 janvier en soirée ses voeux aux responsables des communautés religieuses du canton. Le président du gouvernement Pascal Corminboeuf a affirmé que « dans ce monde parfois sans boussole, l’éthique est le seul contrepoids indispensable à la technique et à l’économique ». Mgr Bernard Genoud a cité la récente rencontre de Taizé à Genève comme événement marquant de son diocèse en 2007.

La cérémonie s’est déroulée dans les salons de l’Etat, au 27 de la Grand-Rue à Fribourg. Elle a réuni entre autres, côté politique, le Conseil d’Etat et la chancelière, Patrice Longchamp, président du Parlement et Josef Hayoz, président du Tribunal cantonal, et du côté religieux Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, ses collaborateurs de la Maison épiscopale, ainsi que des représentants de la Corporation ecclésiastique catholique, de l’Eglise évangélique réformée et de la Communauté israélite.

Dans un long plaidoyer marqué par des citations historiques et des réflexions philosophiques, le Conseiller d’Etat indépendant Pascal Corminboeuf a insisté sur la responsabilité des autorités politiques dans la construction d’une « société ouverte, prospère et solidaire ».

Eloge de la fidélité aux valeurs

« Que reste-t-il de l’Occident chrétien quand il n’est plus chrétien?», a lancé le président du gouvernement en reprenant cette question posée un philosophe français se déclarant agnostique. Lequel répond : Soit il n’en reste rien et on n’a plus qu’à aller se coucher, soit il reste quelque chose de l’Occident chrétien quand il n’est plus chrétien. « Et ce qui reste, si ça n’est plus une foi commune, c’est au moins une fidélité commune, lance Pascal Corminbioeuf. Une fidélité commune, c’est-à-dire un attachement partagé à ces valeurs que nous avons reçues et que donc, encore une fois, nous avons charge de transmettre. » Et de prévenir : « Ne faisons pas l’erreur des Américains qui ont abandonné aux fondamentalistes la notion de fidélité. Dans notre pays non plus, ne faisons pas l’erreur d’abandonner à l’extrême droite l’illusion que la fidélité est son apanage et que nous lui laissons le soin de porter seule notre héritage. L’attachement à nos valeurs, à nos règles, à nos principes, à nos traditions, c’est ça nos humanités. C’est ça notre fidélité. Il ne faut pas donner l’illusion que la place de l’homme dans l’entreprise, la place de l’humanisme, la place de la fidélité est négociable. (.) Ou notre siècle sera fidèle ou il n’aura aucune chance à offrir. Nos managers seront humanistes ou ils seront des croque-morts dans la grande guerre économique mondiale. »

On n’est pas chrétien à temps partiel

Dans son message, Mgr Genoud, qui s’est exprimé également au nom de l’Église Evangélique Réformée et de la Communauté israélite du canton, a relevé les souffrances et le « capital de joie » laissés par l’année 2007. Il a mis le décès de l’abbé Pierre en perspective avec son inquiétude face à la mise en exécution des nouvelles ’Loi sur l’Asile’ et ’Loi sur les Etrangers’. « L’Abbé Pierre nous a appris qu’il n’y a pas besoin d’un quelconque permis pour résider en l’humanité, que l’on n’est pas temporairement humain, ni chrétien ’à temps partiel’, et que la charité et l’inaliénable dignité de la Personne humaine sont les seuls ’papiers valeur’ requis pour mériter le droit d’exister ! », a affirmé l’évêque. Lequel a également insisté sur les agissements de l’association ’Dignitas’. « Ce problème du suicide médicalement assisté, et dont, comme bon nombre de nos concitoyens, je ne comprends pas la casuistique qui le rend judiciairement inattaquable, pose vraiment une question à nos consciences contemporaines. Avec la perte de la foi, le sens de la vie et de la mort de l’homme se sont totalement édulcorés et progressivement estompés ! », a-t-il lancé.

Dans sa partie du discours consacrée aux « moments lumineux de l’année écoulée », Mgr Genoud a cité entre autres « l’émotion causée par la superbe Messe de Minuit que nous avons eu la joie d’offrir en Eurovision depuis Fribourg », ainsi que « notre joie oecuménique pour l’extraordinaire Pèlerinage de Confiance de Taizé à Genève en cette fin d’année 2007! ». L’évêque s’est dit enthousiasmé par ces « 40’000 jeunes venus de tous les horizons de la terre pour clamer au monde que la paix commence là où s’arrête l’égoïsme, l’individualisme et l’intolérance (c’est-à-dire dans le coeur de chaque être humain) par l’affirmation vécue de valeurs fondamentales, et d’abord par l’acclamation unanime de la totale fraternité humaine, dont j’ai souvent répété qu’elle trouve son ultime fondement dans la reconnaissance d’une même paternité divine, quels que soient les noms qu’on lui donne! » (apic/com/bb)

11 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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