Mgr Bernard Fellay, évêque de la Fraternite sacerdotale Saint-Pie X, en septembre 2020 à Ecône (VS) | © Jean-Christophe Bott/Keystone
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FSSPX: Rome conditionne le dialogue à une suspension des ordinations épiscopales

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Rome propose à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) un dialogue pour évaluer si les «minimums requis» sont présents pour sa pleine réintégration dans l’Église catholique. C’est ce qu’annonce le dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) ce 12 février 2026, à l’issue d’une rencontre avec le supérieur de cette organisation traditionaliste.

La FSSPX a récemment annoncé son intention de consacrer de nouveaux évêques sans l’accord du pape, risquant un schisme comme ce fut le cas en 1988.

La rencontre du jeudi 12 février entre le préfet du DDF, le cardinal Víctor Manuel Fernández, et le supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, a été «cordiale et sincère», peut-on lire dans le communiqué du Vatican publié en début d’après-midi. Le texte précise que la rencontre s’est tenue «avec l’accord de Léon XIV».

Selon cette note, durant l’entretien au palais du Saint-Office, le préfet du DDF a proposé «un parcours de dialogue spécifiquement théologique, avec une méthodologie bien définie, sur des thèmes qui n’ont pas encore fait l’objet d’une précision suffisante». Comme l’a expliqué un canoniste romain à l’agence I.MEDIA, le désaccord entre Rome et la FSSPX n’est pas tant d’ordre «disciplinaire» – à savoir le geste de dissidence qui consisterait à consacrer des évêques sans l’accord du pape – que «doctrinal».

Les désaccords dans le viseur de Rome

Le cardinal argentin mentionne comme thème d’achoppement «la différence entre acte de foi et ›respect religieux de l’intelligence et de la volonté’», ou «les différents degrés d’adhésion requis par les divers textes du Concile œcuménique Vatican II et leur interprétation». La communauté fondée en 1970 par l’évêque français Marcel Lefebvre se pose en rupture avec le Concile Vatican II.

Le parcours envisagé par Rome aurait pour objectif de mettre en évidence «le minimum requis» pour la pleine communion avec l’Église catholique. Il s’agirait par la suite «de définir un statut canonique pour la Fraternité» dont les membres sont actuellement acéphales, n’appartenant à aucun diocèse ni institut reconnu.

Les échanges de ce matin ont été l’occasion de clarifier «la question de la volonté divine concernant la pluralité des religions», apprend-on également. Les lefebvristes entretiennent une opposition ouverte à la liberté religieuse et au dialogue de l’Église avec les autres chrétiens et religions. Pour discuter, le préfet et le supérieur se sont appuyés sur différentes lettres envoyées par la FSSPX au Vatican entre 2017 et 2019.

Condition préalable: la suspension des ordinations

Le «Gardien du dogme» pose cependant une condition au dialogue: la suspension de la décision de procéder à de nouvelles ordinations épiscopales le 1er juillet prochain. D’après le communiqué, il a été convenu que le Père Pagliarani communiquera sa réponse au DDF après consultation de son Conseil. En cas de réponse positive, «les étapes, les jalons et les procédures à suivre seront établis d’un commun accord».

Si de nouveaux évêques étaient consacrés sans mandat pontifical, s’appliquerait automatiquement le canon 1387 du code de droit canonique qui prévoit l’excommunication latae sententiae – par le fait même. Tout comme en 1988 lors que Mgr Lefebvre avait procédé à l’ordination épiscopale de quatre prêtres sans l’accord de Jean Paul II, une telle rupture avec le successeur de Pierre induirait un état de ‘schisme’ pour les fidèles et de graves conséquences pour la Fraternité dans son ensemble, met en garde le cardinal Fernández. (cath.ch/imedia/ak/rz)

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Mgr Bernard Fellay, évêque de la Fraternite sacerdotale Saint-Pie X, en septembre 2020 à Ecône (VS) | © Jean-Christophe Bott/Keystone
12 février 2026 | 16:02
par I.MEDIA

En annonçant sa volonté de consacrer de nouveaux évêques, sans l’accord de Rome, le 1er juillet 2026, la Fraternité Saint-Pie X de Mgr Lefebvre (FSSPX) ne semble pas vouloir tenter sortir de l’impasse schismatique où elle s’est engagée depuis 1988. Analyse.

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