Suisse: les évêques s’opposent avec vigueur à la limitation des étrangers
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L’initiative réduit les êtres humains à des chiffres
Fribourg, 23 août 2000 (APIC) La Conférence des évêques suisses rejette vigoureusement l’initiative visant à limiter le nombre d’étrangers en Suisse. Aux yeux des prélats, la politique qui y est préconisée n’est pas digne de la Suisse. Ce texte réduit les êtres humains à des chiffres répartis en quotas, affirment les évêques, dans un communiqué publié le 23 août.
«L’initiative des 18% rend le regroupement familial difficile et blesse les besoins fondamentaux d’une grande partie de notre population. Elle instaure une confusion inacceptable entre l’asile et la main-d’œuvre étrangère», affirme la Conférence épiscopale, qui appelle clairement les citoyens suisses à respecter la dignité et les droits de la personne en rejetant le texte soumis en votation le 24 septembre.
Limiter de cette manière l’immigration revient à opter pour une mesure politique qui dessert les intérêts de l’homme et de la société en Suisse, souligne le communiqué. D’autres problèmes majeurs apparaîtront en cas d’acceptation de l’initiative. L’intégration des étrangers deviendrait plus difficile et leur cohabitation avec les Suisses serait hypothéquée, indiquent les évêques, pour qui ce projet législatif réduit les êtres humains à des chiffres et à des quotas. Aux yeux des prélats, le texte instaure une confusion inacceptable entre l’asile et la main d’œuvre étrangère.
Plutôt intégrer les étrangers
Si l’initiative met le doigt sur «des problèmes socio-politiques non résolus de cohabitation d’étrangers et d’autochtones», la Conférence des évêques souligne qu’elle n’apporte aucune solution. «Il est préférable de mettre l’accent sur des mesures visant à promouvoir l’intégration des étrangers et à faciliter l’accès à la citoyenneté suisse».
Les évêques affirment en outre que l’adoption d’une telle initiative par les citoyens de ce pays toucherait directement des catholiques, car l’Eglise ne concerne pas seulement la réalité suisse, elle est universelle. La participation de nombreux étrangers dans les communautés et paroisses sont là pour en témoigner.
Un large front d’opposition
Le «non» de la Conférence des évêques suisses apporte une pierre supplémentaire au large front qui s’est développé contre l’initiative des 18%. Au niveau fédéral, seule l’Union Démocratique du Centre, désavouée par sa section bernoise, a apporté son soutien à la limitation des étrangers. Tous les autres partis gouvernementaux (socialiste, démocrate chrétien et radical) ont rejeté clairement l’initiative, tout comme l’Union patronale suisse, l’Union suisse du commerce et de l’industrie, ainsi que l’Union suisse des arts et métiers, et de nombreuses autres organisations. (apic/bb)



