Gand: Les théologiens catholiques européens estiment que l’Eglise est en «crise profonde»

La levée de l’excommunication des évêques intégristes en cause

Gand, 20 février 2009 (Apic) Les théologiens catholiques européens estiment que l’Eglise traverse actuellement une «crise profonde». Venus de toute l’Europe, les membres de la Société européenne pour la théologie catholique (ET) ont déclaré, après une séance de leur curatorium tenue dans la ville belge de Gant, que l’actuelle situation de crise est née de la levée sans conditions de l’excommunication des quatre évêques intégristes par le pape Benoît XVI.

Les membres de la Société européenne pour la théologie catholique considèrent que ces événements menacent l’unité interne de l’Eglise et mettent fortement en question la crédibilité de son témoignage dans le monde. Selon eux, des membres d’autres Eglises chrétiennes doutent à présent du sérieux des pas concrets qu’ils cherchent à faire ensemble avec Rome en vue du développement oecuménique.

Pour l’ET, qui regroupe selon ses propres données plus de 800 théologiens de toute l’Europe, une grande majorité de chrétiens ont perdu confiance dans le fait que Rome va poursuivre sérieusement les nouveautés introduites par le Concile Vatican II. Les théologiens souhaitent que les fondements du Concile Vatican II soient à nouveau clairement exprimés.

Pour sa part, le Comité central des catholiques allemands (ZdK) a exigé des réformes au Vatican, car à ses yeux, l’Eglise catholique a besoin «enfin d’une direction moderne, qui fonctionne de façon fiable, et qui possède aussi une sensibilité politique». Dans une contribution au quotidien allemand «Die Welt», le secrétaire général du ZdK, Stefan Vesper, estime que cette volonté de réforme doit venir du pape lui-même, car les propositions venues d’en bas n’ont jusqu’à maintenant servi à rien. A son avis, les réformes à l’intérieur de la curie sont empêchées par tout cardinal qui voit son influence menacée. Il estime que la controverse au sujet de la levée des excommunications des évêques intégristes a gravement nui à l’Eglise.

Stefan Vesper affirme que malgré toute la loyauté due au pape et aux évêques, les catholiques ne sont pas tenus à une obéissance aveugle et ne doivent pas mettre leur intelligence «hors circuit» dès que le ministère ecclésial parle. Il réclame particulièrement des séances de cabinet régulières à la curie. Le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, s’était lui aussi prononcé le 11 février dernier pour des rencontres communes régulières au Vatican des hauts responsables de l’Eglise. (apic/kna/be)

20 février 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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