Gaza: «Bande de Gaza, implosion humanitaire», selon des oeuvres d’entraide britanniques

La pire situation depuis l’occupation israélienne en 1967

Londres, 7 mars 2008 (Apic) Selon un document des oeuvres d’entraide britanniques intitulé «Bande de Gaza, une implosion humanitaire», la situation de Gaza est pire aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été depuis le commencement de l’occupation israélienne en 1967. La politique de blocus israélienne qui prend en otage 1,5 million de personnes, sans distinctions entre civils et militants, est qualifiée d’»inacceptable, illégale», et ne garantit aucunement la sécurité tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens.

La Bande de Gaza risque de devenir «le premier territoire intentionnellement réduit à l’état de pauvreté totale en pleine connaissance de cause, avec le consensus et, selon certains, l’encouragement de la communauté internationale», peut-on lire dans le rapport publié en commun par les oeuvres d’entraide britanniques et irlandaises.

Ce document explosif est signé par Christian Aid, une agence rassemblant 41 Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande, Oxfam, une organisation humanitaire active dans les territoires palestiniens depuis les années 80, Amnesty international, CARE International UK, CAFOD, Médecins du Monde UK, Save the Children UK et Trocaire, l’oeuvre d’entraide pour le développement de l’Eglise catholique irlandaise.

A Gaza, les enfants sont «privés du droit à l’enfance»

Ce document est rédigé à partir de chiffres publiés par l’ONU et repris par les ONG britanniques. Qui affirment que «la situation humanitaire actuelle à Gaza est la pire depuis le début de l’occupation militaire israélienne de 1967» et les principales victimes en sont les enfants. Ces derniers représentent plus de la moitié (56%) de la population de Gaza, et au-delà des souffrances – soutient le rapport -, «ils sont privés du droit à l’enfance et à une instruction appropriée».

Selon ce rapport, «le blocus imposé par Israël depuis juin dernier a rendu 80% des familles palestiniennes, contre 63% en 2006, entièrement dépendantes des aides humanitaires». Cette situation rend inévitable l’effondrement économique de la Bande de Gaza. 24’000 Palestiniens qui, avant le blocus, se rendaient chaque jour à leur travail en Israël, sont désormais interdits de franchir les points de passage.

En raison de la suspension forcée de 95% des activités de production palestiniennes, le taux de chômage chez les habitants de la Bande de Gaza est sur le point d’atteindre 50%. C’est une «punition collective inacceptable et injustifiable (.) qui ne respecte pas les conventions internationales sur les droits de l’homme et qui oblige les hôpitaux palestiniens à fonctionner sans électricité de 8 à 12 heures par jour».

Des malades meurent parce qu’ils ne peuvent pas sortir pour se faire soigner

Le rapport cite également la mort d’au moins 20 personnes – dont cinq enfants -, entre octobre et décembre 2007, due aux longueurs et aux restrictions dans la délivrance des visas de sortie pour recevoir des soins médicaux urgents en Egypte et dans les pays limitrophes.

Dans l’introduction aux 16 pages documentées et tragiques – qui font état d’une situation décrite depuis longtemps dans les rapports des conseillers de l’ONU comme Jean Ziegler et John Dugard -, un important point juridique est mentionné: «L’affirmation qu’Israël n’est plus tenu de respecter les normes standards des occupations militaires parce qu’il s’est retiré de la Bande de Gaza en 2005 est fallacieuse. En réalité, Israël a le contrôle effectif de la Bande en vertu de la domination totale qu’il exerce sur les frontières terrestres, dans l’espace aérien, sur les eaux territoriales et sur la circulation des personnes et des biens. Les autorités israéliennes sont donc obligées par le droit humanitaire international et par les lois sur les droits de l’homme à assurer le bien-être de la population palestinienne du Territoire occupé».

C’est pourquoi il est en outre demandé à l’Union européenne d’exercer davantage de pressions sur le gouvernement israélien afin qu’il ouvre les points de passage vers Gaza et mette fin aux coupures d’électricité et de carburant, abandonnant une fois pour toutes «la politique de non-engagement et organisant des négociations avec toutes les parties en cause, y compris le Hamas». Les ONG demandent enfin au gouvernement israélien et aux groupes armés palestiniens de «cesser immédiatement tous les attaques contre les civils. (apic/christianaid/misna/be)

7 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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