Le commissaire de l’Union européenne monte au créneau

Gaza: Israël viole le droit humanitaire international

Gaza, 14 janvier 2009 (Apic) Israël viole les lois internationales, son offensive dans la bande de Gaza «est absolument disproportionnée» et constitue «une violation évidente du droit humanitaire international», a estimé Louis Michel, commissaire de l’Union européenne au Développement et aux Aides humanitaires, dans une interview publiée hier sur le quotidien La Libre Belgique.

Le commissaire affirme: «Les experts les plus prestigieux en la matière confirment et dénoncent qu’Israël ne respecte par le droit humanitaire international qui impose à une puissance occupante de protéger la vie de la population civile, la nourrir et la soigner. Il est bien évident que cela n’est pas le cas. De mon point de vue cela est dramatique et je ne peux pas l’accepter».

Michel souligne que «le droit humanitaire sert en temps de guerre et c’est durant une guerre qu’il faut prétendre qu’il soit respecté», tout en soulignant qu’avant le conflit 80% de la population de Gaza survivait déjà seulement grâce aux aides alimentaires et que «par rapport aux 550-600 camions quotidiens nécessaires, seuls 56 ont pu passer la semaine dernière».

Dans ses propos, Michel souligne «une situation embarrassante: il y a deux ans, la communauté internationale a dit aux palestiniens d’organiser des élections. Hamas a obtenu la victoire en toute légalité. Puis, du jour au lendemain, nous avons été contraints de dire, alors que Hamas a gagné: «nous ne parlons plus avec vous et interrompons les aides directes aux institutions palestiniennes». Et heureusement que l’Ue est parvenue à mettre sur pied un système plus ou moins équivalent d’aides».

Selon le commissaire européen, «il faut parler avec tous ceux qui représentent l’état palestinien» car «toutes les voies diplomatiques possibles n’ont pas été parcourues et lorsque l’on doit résoudre un problème on ne peut pas le faire avec des moyens militaires». Pour résoudre le conflit à Gaza, d’après Michel «un cessez-le-feu est nécessaire ainsi que l’ouverture de couloirs humanitaires. Malheureusement l’Union européenne n’a pas la force d’imposer tout cela (…) et quand le président américain George Bush justifie publiquement dans un certain sens la réaction d’Israël, il rend plus difficile d’exercer d’éventuelles pressions sur Israël ou la formulation de quelques simples conseils.

D’autre part, le Comité de l’Onu sur les droits de l’enfance s’est dit «profondément préoccupé par les effets dévastateurs de l’offensive militaire à Gaza sur les mineurs». D’après l’article 38 de la Convention sur les droits de l’enfance, ratifiée par 193 nations dont Israël, au cours de conflits armés les pays signataires doivent prendre des mesures pour garantir la protection des mineurs et le respect du droit humanitaire international. Malgré cela, le Comité souligne que «de nombreux enfants ont perdu la vie en raison du non-respect des recommandations de la Convention vu que des écoles ont été visées aussi, dont certaines sont gérées directement par les Nations Unies. Rappelant la résolution 1860 du Conseil de sécurité de l’Onu, le Comité sur les droits de l’enfance a demandé la cessation immédiate des hostilités. (apic/misna/pr)

14 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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