Gaza: Les leaders chrétiens de Jérusalem s’élèvent contre les bombardements
Dirigeants israéliens et palestiniens appelés «à revenir à la raison»
Jérusalem, 30 décembre 2008 (Apic) Alors que les bombardements visant la Bande de Gaza se poursuivaient pour la quatrième journée consécutive, faisant de plus en plus de morts parmi la population civile, les patriarches et les chefs des Eglises à Jérusalem ont dénoncé mardi dans une déclaration commune la poursuite de «cette effusion de sang».
Les chefs religieux ont fait part de la profonde tristesse qu’ils éprouvent dans un document rendu public par Radio Vatican le 30 décembre 2008. Ils appellent aussi les dirigeants israéliens et palestiniens «à revenir à la raison et à renoncer à tout acte de violence».
L’effusion de sang va faire grandir la haine et l’hostilité entre les deux peuples
Dans un document signé par Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, par les patriarches grec-orthodoxe et arménien apostolique et par le Père Pierbattista Pizzaballa, custode franciscain de Terre sainte, les leaders religieux dénoncent ainsi la poursuite des hostilités dans la Bande de Gaza et toutes les formes de violence et de meurtres de la part de toutes les parties. Pour les signataires du document, «la poursuite de cette effusion de sang et de cette violence ne mènera pas à la paix et à la justice mais va faire grandir la haine et l’hostilité entre les deux peuples».
Les patriarches, évêques, et chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont également fait part du «choc» et de la profonde tristesse qu’ils éprouvent en suivant la guerre qui fait rage actuellement dans la Bande de Gaza. Dans ce texte, rédigé en anglais, ils ont en outre demandé aux dirigeants des deux parties du conflit de revenir à la raison et de renoncer à tout acte de violence. Ils les exhortent au contraire à chercher à résoudre leurs différends par des moyens pacifiques et non-violents.
Les patriarches et chefs d’Eglises ont aussi appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités et à intervenir immédiatement pour arrêter l’effusion de sang et mettre un terme à toute forme de confrontation. Les dirigeants ont enfin demandé que le dimanche 4 janvier 2009 soit «un jour de paix et de justice» respecté par tous. Selon les derniers bilans humains, quelque 360 Palestiniens – dont une septantaine de civils, notamment des femmes et des enfants – ont été tués et 1690 ont été blessés depuis le 27 décembre.
Dans un message publié mardi 30 décembre, Caritas Jérusalem rappelle que depuis l’année 2006, quelque 1,5 million de Palestiniens à Gaza ont été enfermé dans un blocus impénétrable, privés de travail, de nourriture et des libertés fondamentales. «Le peuple palestinien a été privé de tout ce qui ressemblait à un avenir…», écrit Caritas. L’oeuvre d’entraide catholique souligne que la population civile de Gaza, les enfants dans les écoles, les employés dans leurs bureaux, tout le monde a été surpris par les bombardements soudains déclenchés par Israël. «Quatre jours ont passé, et les frappes aériennes ont déjà fait 345 morts parmi les Palestiniens et 1’650 blessés, et il n’y a pas d’indication que cela va cesser».
Caritas déplore que les frappes aériennes n’ont pas de limites, détruisant des bâtiments du gouvernement, des mosquées, des écoles, des propriétés civiles. Les hôpitaux ont également été menacés, et ils manquent de tout: il n’y a pas de fuel, d’électricité, plus assez de lits pour recevoir les blessés qui arrivent sans cesse et de médicaments pour les traiter.
Selon le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, cette escalade de la violence est «inacceptable». Les frappes aériennes israéliennes violent les conventions internationales et les droits humains. «Ce matin, deux jeunes soeurs dans une rue de Beit Hanoun ont été tuées par un missile israélien. Nous avons de la peine à croire qu’elles avaient l’intention de lancer une fusée Qassam en Israël», déplore l’oeuvre d’entraide catholique. Qui demande que les amis de la paix élèvent leurs voix contre la poursuite des bombardements contre Gaza et militent pour mettre un terme à l’injustice, aux souffrances et à la violence qui ensanglante la région.
Dans une interview accordée mardi à Radio Vatican, le Père Pizzaballa relève que ce qui est certain, c’est que dans ces cas, c’est toujours la population civile qui paie et qui souffre, les gens pauvres. «Je ne crois pas que c’est de cette manière que l’on résoudra les problèmes». Concernant la communauté internationale, depuis trop longtemps absente, le custode de Terre Sainte relève que son rôle est très important, «parce qu’elle peut faire pression et inviter les deux camps à faire preuve de modération». (apic/imedia/caritas/be)



