Lettre de la Prix Nobel de la Paix à Ban Ki-moon
Gaza: Mairead Maguire demande un tribunal international pour juger Israël
Belfast, 9 janvier 2009 (Apic) La Prix Nobel de la Paix 1976 nord-irlandaise Mairead Maguire réclame un tribunal international pour juger l’offensive dévastatrice des militaires israéliens dans la Bande de Gaza.
«J’ai écrit au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour qu’il prenne sérieusement en considération l’hypothèse de la création d’un Tribunal pénal international chargé d’enquêter sur les actions d’Israël dans la Bande de Gaza», a confirmé à l’Agence Misna Mairead Maguire, qui suit depuis longtemps la question palestinienne et avait visité Gaza en novembre dernier dans le cadre d’une initiative mise en oeuvre par le mouvement pacifiste américain Free Gaza.
Bouleversée par les images et les témoignages qu’elle reçoit depuis plusieurs jours, Maguire accuse Tel-Aviv d’appliquer une forme de punition collective et indiscriminée contre la population civile qui s’entasse dans une étroite portion de territoire : «Une véritable prison, martèle-t-elle, de 40 kilomètres de long et 15 de large où il est absolument impossible de ne pas bombarder les civils et où Israël viole toutes les conventions de Genève qui imposent la protection de la vie des innocents».
Dès novembre, le Prix Nobel avait parlé d’urgence humanitaire à grande échelle et constaté la pénurie de tout bien de première nécessité. «Il n’y avait déjà rien à l’époque, les hôpitaux restaient en fonction grâce à la bonne volonté de leur personnel, il n’y avait pas d’électricité en suffisance et les rayons des rares magasins ouverts étaient vides. Ce n’est qu’à travers les tunnels passant sous Rafah que l’on pouvait faire entrer des choses en plus que les aides humanitaires strictement règlementées par Tel-Aviv qui bloque les frontières. Cette expérience m’a choquée et je n’ose pas imaginer comment est la situation actuellement : après un siège de deux ans qui a réduit à la famine 1,5 million de personnes, la population doit maintenant subir la violence d’une guerre faite de bombardements indiscriminés comme nous avons pu le constater avec les victimes de l’école du camp de réfugiés de Jabaliya».
Un camp que Mairead Maguire connaît bien, l’ayant visité en novembre alors qu’il regroupait déjà des personnes arrivées à la limite de la survie : «J’ai vu des Palestiniens obligés de vivre dans des taudis et des enfants jouer dans les eaux usées dans un état de pauvreté extrême. Ces gens manquaient déjà de tout, la guerre ne fait qu’empirer leur situation et éloigner la paix». Pour toutes ces raisons et en raison de violations du droit international qu’elle considère flagrantes, la Prix Nobel de la Paix, le même reçu par Shimon Peres, président de l’Etat d’Israël a demandé à Ban Ki-moon de créer un Tribunal international qui soit également compétent pour enquêter sur le type d’armes utilisées par les Israéliens: «Si l’on prouvait que des engins interdits et des armes non conventionnelles sont utilisés, tel que l’affirment différentes sources médicales, l’ouverture d’une enquête internationale serait d’autant plus nécessaire pour pouvoir continuer à parler de paix au Proche-Orient. Des crimes de guerre sont actuellement commis à l’encontre du peuple palestinien : on ne peut pas rester indifférents !». (apic/misna/pr)



