Comme un immense tremblement de terre
Gaza: Premiers bilans de la Croix Rouge dans la Bande de Gaza
Gaza, 21 janvier 2009 (Apic) «On dirait que la bande de Gaza a été frappée par un immense tremblement de terre. Des quartiers entiers sont méconnaissables. Quelques maisons ont été entièrement abattues, d’autres ont été si gravement endommagées qu’elles sont inaccessibles», tel est le constat dressé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) après trois jours d’opérations de secours menées dans plusieurs zones de la bande de Gaza.
«Les rues sont complètement détruites, rendant de fait impossible la circulation des véhicules. Les amis et voisins qui ne se voyaient pas depuis plusieurs semaines sont heureux de se retrouver encore en vie. D’autres cherchent parmi les ordures ou les décombres des édifices des ustensiles et biens de première nécessité encore utilisables», poursuit l’organisation dans un bilan recueilli par l’agence catholique Misna.
Le CICR est actuellement occupé à identifier les principaux besoins de la population à l’issue de trois semaines de violents bombardements aériens, maritimes et incursions terrestres qui ont provoqué plus de 1’300 morts et 5’500 blessés, dont de nombreux mutilés. «Nous avons vu les corps de deux vieilles femmes récupérés sous les décombres et emportés sur une charrette tirée par un âne de la famille», dit Iyad Nasr, porte-parole locale du CICR, expliquant qu’en réalité le nombre des victimes à Gaza n’est qu’une estimation vu que depuis la fin des combats nombreux sont ceux qui ont déjà enterré les corps de leurs proches retrouvés sous les décombres et ensevelis au plus vite comme le prévoit la religion, les excluant donc de tout décompte.
1,6 milliard pour reconstruire les infrastructures
Le constat dressé par le Cicr est confirmé au fil des heures par les autres organisations humanitaires qui entrent à Gaza: un scénario de mort et de destruction totale. L’agence de l’Onu pour le secours des réfugiés palestiniens (Unwra) a employé la métaphore du tremblement de terre pour décrire les conditions de vie actuelles à Gaza, avant de lancer un appel d’urgence pour récolter 330 millions de dollars. Une somme, expliquent les fonctionnaires de l’organisme de l’Onu, qui ne servira qu’à rétablir les structures de l’agence vu que pour reconstruire Gaza les fonds nécessaires sont bien plus élevés. Des diplomates occidentaux cités par la presse international envisagent pour le moment une dépense globale s’élevant à 1,6 milliard de dollars pour reconstruire les infrastructures de base (routes, ponts, système hydrique) et quelques-uns des 22’000 édifices qui, selon un bilan palestinien, ont été endommagés par l’offensive israélienne. (apic/misna/bb)



