Un carnage assuré, y compris sur le long terme

Gaza: Un médecin à Gaza dénonce l’utilisation d’armes non conventionnelles par Israël

Gaza, 6 janvier 2009 (Apic) Le professeur Mads Gilbert, médecin norvégien et membre de l’organisation humanitaire Norwac, dénonce à l’Agence missionnaire Misna l’utilisation d’armes non conventionnelles.

«Je ne suis pas en mesure de dire si les Israéliens ont recours à des armes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri mais ils expérimentent sans aucun doute sur la population de Gaza de nouveaux engins appelés Dime (Dense inerte metal explosive), assure ce médecin.

Selon lui, il s’agit d’explosifs de forte puissance qui causent des amputations et des blessures fatales à ceux qui sont touchés dans un rayon de 10 mètres,

Contacté par Misna à Gaza dans l’hôpital de Shifa, le plus grand de toute la ville, le professeur Mads Gilbert décrit des personnes amenées à l’hôpital en pièces détachées, littéralement coupées en morceaux, et parle de conséquences à long terme pour les rescapés. «Il n’y a pas encore de recherches suffisantes sur ces instruments de guerre, ajoute-t-il, mais nous savons que les survivants ont de grandes probabilités d’avoir un cancer, d’être voués à une vie d’handicapés».

Les hypothèses du professeur Gilbert se fondent sur d’autres expériences de guerre, notamment au Liban, où les Israéliens avaient été accusés en 2006 d’utiliser des explosifs Dime et au phosphore blanc, tel qu’ils l’avaient eux-mêmes avoué par la suite. «Nous avons un laboratoire pour analyser les échantillons, assure le médecin norvégien, mais je m’exprime aussi sur la base des corps des morts et des blessés qui s’entassent dans l’hôpital. Certains corps coupés en morceaux présentent des blessures qui n’ont pas pu être causées par des armes conventionnelles; d’autres corps arrivent complètement brûlés avec les organes intérieurs entièrement décomposés».

Cette tragédie humanitaire, souligne le professeur Gilbert, frappe tous les habitants sans distinction d’âge, de sexe ou de métier: «La plupart des blessés que nous soignons ont subi de graves amputations. Ce qui se vérifie actuellement à Gaza va à l’encontre de toute disposition du droit international. J’entends parler de guerre contre le Hamas, mais je ne vois que des bombardements systématiques contre la population civile, avec des d’armes pourtant interdites par la communauté internationale». (apic/misna/pr)

6 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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