Nécessité de respecter la diversité des peuples
Gênes: Mondialisation, un nouveau colonialisme des plus faibles par les plus forts?
Gênes, 5 juillet 2001 (APIC) Le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Gênes a béni l’immense navire «European Vision» qui, dans le port de Gênes, accueillera les hôtes officiels du G8, les 22 et 23 juillet prochains. Une occasion pour le prélat d’exprimer son embarras et de rappeler que «les problématiques du G8 appartiennent au patrimoine de l’Eglise catholique».
Dans une interview au quotidien italien, «La Republica», en date du 5 juillet, le cardinal qui vient de sortir un livre «Mondialisation: un défi», a déclaré avoir été embarrassé de bénir «European Vision», une «machine de luxe», mais il espère que «la voix des plus pauvres parvienne, grâce à l’engagement de tous, jusqu’aux plus puissants».
«Populorum Progressio» de Paul VI toujours d’actualité
«Ce mouvement du peuple de Seattle est un fait culturel nouveau qui représente une énorme potentialité pour la société civile, a affirmé l’archevêque de Gênes. Il rappelle en profondeur la doctrine sociale de l’Eglise et met en valeur tout ce que fait Jean Paul II au coeur de la pauvreté». Pour lui, «les problématiques du G8 appartiennent au patrimoine de l’Eglise catholique, il n’y a qu’à relire ’Popolorum Progressio, de Paul VI. La recette possible n’est pas un nouveau colonialisme des plus faibles par les plus forts, ou des plus pauvres par les plus riches, mais un processus qui respecte la diversité des peuples, qui n’homogénéise pas, mais qui distingue».
Craintes
Des scènes de violence pourraient survenir lors de ce sommet, opposant les grands du monde financier et du monde de la technologie, qui pour le cardinal, «ont le plus de responsabilité dans la mondialisation», et ceux qui font partie du «peuple de Seattle», baptisé ainsi car cette ville des Etats-Unis a été le théâtre des premiers et récents affrontements violents. A ce propos, «l’unique voie est celle du dialogue, la violence génère la violence, elle est stérile», a-t-il affirmé.
Il y a quelques jours, le 28 juin, le cardinal Dionigi Tettamanzi a publié un livre en italien, intitulé, «Mondialisation: un défi». Il y aborde le thème de la mondialisation économico-financière sous son aspect positif tout en s’inquiétant de l’absence des principes éthiques et judiciaires et souligne le rôle des chrétiens qui doivent, «relever le défi de la mondialisation».(apic/imed/mk/pr)




