Fonds supplémentaires pour le travail de l’Eglise dans les médias
Genève: Assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse
Genève, 30 mars 2009 (Apic) L’assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (CCCRS/RKZ) a accepté d’allouer des fonds supplémentaires pour le travail de l’Eglise dans les médias, mais la majorité des délégués a plaidé pour un «développement prudent» de l’activité médiatique de l’Eglise.
L’assemblée plénière de printemps de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ), réunie les 20 et 21 mars à Genève, a été vouée essentiellement au «business plan pour le développement de la communication et du travail médiatique de l’Eglise catholique en Suisse».
Action par étapes
Au nom d’arguments financiers, mais aussi pour des raisons liées aux réalités concrètes, la majorité des délégués a plaidé en faveur d’une concentration sur les mesures principales envisagées et d’une action par étapes. Il a été réclamé également que l’on respecte la diversité des opinions dans l’Eglise et que l’indépendance rédactionnelle des responsables de tâches journalistique soit garantie.
La Conférence centrale suivra de près l’évolution des choses, s’agissant tant de l’utilisation efficace des ressources financières allouées que de la qualité du travail accompli à l’échelon suisse en matière de relations publiques et de présence médiatique, communique la RKZ.
Le «business plan pour le développement de la communication et du travail médiatique» élaboré par l’expert Jean-Paul Rüttimann, sur mandat de la Conférence des évêques suisses (CES), est le résultat de travaux d’analyse entrepris depuis deux ans à une vaste échelle et d’entretiens conduits avec une centaine de personnes dans les trois régions linguistiques du pays.
La présence de l’Eglise au sein des médias revêt un caractère de priorité
Les rapports établis à la suite de ces investigations ont convaincu tant la CES que la Conférence centrale que la présence de l’Eglise au sein des médias revêt un caractère de priorité. Il est apparu en particulier que les besoins d’amélioration et de coordination dans ce domaine d’activité sont considérables, que le développement d’une authentique stratégie de communication s’avère indispensable et que les structures nécessaires doivent être mises en place afin de répondre aux exigences très élevées et sans cesse changeantes qu’impliquent de nos jours une communication et des relations publiques crédibles et efficaces.
Préalablement à la tenue de l’assemblée plénière, les organisations ecclésiastiques cantonales avaient eu l’occasion de donner leur avis à propos de l’allocation de moyens financiers supplémentaires dans le cadre d’une procédure de consultation. Elles avaient été appelées à se prononcer sur un projet de planification financière à trois ans prévoyant une augmentation extraordinaire annuelle de 2% des contributions dues à la Conférence centrale, ces fonds supplémentaires étant destinés uniquement au domaine des médias.
Eglises cantonales réticentes: la crise menace les rentrées de l’impôt ecclésiastique!
Ce plan aurait entraîné des versements supplémentaires représentant un total de Fr. 500’000.– d’ici à 2013. L’objectif visé était que, conjointement avec des économies réalisées dans d’autres secteurs du cofinancement et des mesures complémentaires, un montant de 1 million de francs aurait ainsi pu être mis à disposition de l’activité de l’Eglise dans les médias, cela en plus des 2,3 millions de francs que lui allouent aujourd’hui déjà la Conférence centrale et l’Action de Carême.
Les réactions des cantons ont révélé clairement qu’une augmentation de leurs contributions à la Conférence centrale de l’importance prévue n’aurait aucune chance d’obtenir l’adhésion de la majorité.
En particulier, les membres de la Conférence centrale aux ressources financières limitées affirment être déjà à peine en mesure de verser leurs contributions actuelles. A cela s’ajoute la crise économique et ses incidences négatives prévisibles au niveau des recettes provenant de l’impôt ecclésiastique. Un phénomène amplifié par le fait que les réformes dans le domaine de l’assujettissement des personnes morales au dit impôt entraînera de son côté une baisse des rentrées fiscales. Tout cela alors que les organisations ecclésiastiques cantonales sont confrontées à des demandes de financement supplémentaires sur d’autres plans.
Consensus général sur l’importance de l’activité médiatique de l’Eglise
L’importance de l’activité médiatique a fait l’objet d’un consensus général tant dans les réponses à la consultation que lors des débats à la Conférence centrale. Il en va de même de la reconnaissance de la nécessité d’une amélioration de l’image de l’Eglise au sein des médias et de l’insuffisance des moyens dont dispose le service d’information de la Conférence des évêques suisses. Par ailleurs, un accueil favorable a été réservé au projet de professionnalisation du secrétariat de la Commission des médias de la CES, un organisme largement représentatif.
L’idée est de le transformer en un centre de compétence qui mettrait son savoir-faire au service de l’ensemble de l’Eglise et renforcerait le «réseautage» du travail médiatique accompli aujourd’hui déjà par les diocèses, les organisations ecclésiastiques cantonales, les rédactions des bulletins paroissiaux et autres milieux.
Elaborer un projet moins ambitieux
Au-delà de raisons financières, des réserves de fond expliquent la décision de l’assemblée plénière de la Conférence centrale de demander à sa présidence d’élaborer un projet moins ambitieux pour ce qui est du budget 2010 et de se limiter au départ aux mesures absolument indispensables.
Le projet initial dans son ensemble aurait laissé entendre que la mise à disposition de moyens financiers supplémentaires devait exercer une influence décisive, note la RKZ, alors qu’en réalité les problèmes seraient de nature qualitative: quels messages cherche-t-on à délivrer ? Sous quelle forme entend-on communiquer et informer ? A-t-on exploité les synergies potentielles?
«A toutes ces questions s’est ajouté ce doute que les évêques suisses, dont l’activité médiatique serait renforcée grâce au business plan, soient véritablement prêts à considérer les organisations de droit public ecclésiastique et la Conférence centrale comme des partenaires de discussion pour ce qui a trait au développement futur de l’Eglise», poursuit la RKZ. Qui regrette «l’absence de reconnaissance explicite des corporations de droit public ecclésiastique et le fait que celles-ci ne soient pas impliquées dans des processus de décision relatifs à des sujets entrant dans leur domaine de compétence».
La Conférence centrale sera encore appelée à examiner de près la question de l’activité médiatique de l’Eglise lors des débats sur la planification financière et les recommandations touchant les contributions dues par ses membres pour 2010, ainsi qu’à l’occasion des décisions sur les subsides à allouer aux institutions actives dans le domaine des médias. Elle pourra faire valoir également ses préoccupations dans le cadre de discussions au sein de la Commission des médias et avec la Conférence des évêques suisses. JB/Com
Encadré
Fr. 500’000.– par an pour payer les redevances de droits d’auteur
Les comptes annuels de la Conférence centrale (CCCRS/RKZ) bouclent sur un excédent qui permet notamment de constituer des provisions destinées à garantir le financement anticipé des redevances de droits d’auteur. Celles-ci représentent environ Fr. 500’000.– par an et couvrent les indemnités dues par l’ensemble des institutions de l’Eglise: paroisses et communes ecclésiastiques, organisations ecclésiastiques cantonales, diocèses, offices spécialisés, oeuvres d’entraide, communautés religieuses, etc. Afin de permettre à tout un chacun de se forger une idée claire du service assuré par la Conférence centrale et du contenu exact des contrats conclus avec les sociétés de gestion Suisa et Pro Litteris, une notice d’information a été publiée en collaboration avec la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (cf. www.rkz.ch). Elle est accompagnée d’une vaste documentation établie à l’intention des administrations des organisations ecclésiastiques cantonales. JB/Com
Encadré
Comment vit l’Eglise catholique dans le canton de Genève?
La tenue de l’assemblée plénière à Genève a été aussi l’occasion d’informer les délégués sur l’organisation et le financement de la vie ecclésiale dans le canton de Genève. Lors de leurs exposés respectifs, le président de l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR), Jean-Pierre Thorimbert, et Charles Steiner, membre du comité de l’ECR, ont insisté sur l’importance du travail bénévole, les liens étroits de collaboration entretenus entre les responsables pastoraux et administratifs et le mode de financement de l’Eglise basé sur des contributions volontaires des membres, ainsi que sur des dons et des legs.
Seul un dixième des catholiques versent une contribution volontaire
Les versements volontaires sont le fait d’environ 12’000 ménages, soit un dixième de la population catholique résidente. L’argent ainsi récolté représente, par tête, un montant ne dépassant pas Fr. 51.Les orateurs ont évoqué également les efforts considérables déployés par l’Eglise – qui a un statut de droit privé – pour rappeler à ses membres et à la population, à travers des campagnes d’affiches et d’autres moyens publicitaires, la place occupée par les valeurs et les fêtes chrétiennes, l’attachement aux sacrements célébrés lors d’événements charnière de l’existence tels la naissance, le mariage et la mort ainsi que l’apport de l’Eglise à la société en général. Une fois encore, la preuve a été faite que l’Eglise peut vivre sans statut de droit public et sans droit de prélever des impôts ecclésiastiques. Mais cette situation limite considérablement ses possibilités d’action et l’oblige à déployer beaucoup d’énergie pour collecter des fonds, toutes forces qu’elle pourrait consacrer à autre chose. (apic/com/rkz/be)



