Journée de l’enfant africain
Genève: Assurer la visibilité des enfants africains victimes de violence et en conflit avec la loi
Genève-Kinshasa-Kampala, 16 juin 2008 (Apic). Chaque 16 juin depuis 1991, l’Organisation Mondiale contre la torture (OMCT) et d’autres mouvements de défense des droits de l’homme célèbrent la journée de l’enfant africain. Cette année, la journée est dédiée au droit de l’enfant africain à la participation, particulièrement d’être vu et entendu.
En Afrique, nombre d’enfants sont victimes de violence à la maison, à l’école et dans les institutions de soins, dans les rues, sur le lieu de travail et dans les lieux de détention. Malgré la gravité de la situation, cette violence est cachée et les enfants victimes restent largement invisibles dans la société.
Cela est dû, selon le communiqué de l’OMCT, au fait que la violence contre les enfants n’est que très rarement signalée. Une grande proportion d’enfants ne dénonce pas la violence dont ils sont victimes principalement parce qu’ils ne connaissent pas leurs droits et ils ne savent pas qu’ils ont droit à une protection en cas de violation de ces droits. Par ailleurs, certaines formes de traitement violent ordinaire et traditionnel peuvent être considérées comme acceptable et comme une punition normale, même par les enfants eux-mêmes.
Dans les rares cas où les enfants dénoncent la violence dont ils sont victimes, l’accès à une assistance effective reste rare. Selon des informations récentes de Défense des enfants International (DEI)-Ouganda, il n’est pas rare que des enfants victimes d’abus et de violences sexuels soient traités sans aucun respect pour leur dignité ni aucune considération pour leur souffrance.
En Ouganda et en République Démocratique du Congo, les procédures d’enquête de la police sont souvent humiliantes pour les victimes et contribuent à les re-victimiser. Par exemple, parce que les violences sexuelles contre les adolescents notamment les jeunes filles, sont moins clairement reconnues comme des abus, les agents chargés de la mise en oeuvre des lois démontrent couramment une attitude passive lorsque les victimes leur rapportent ces crimes. De plus, la pratique de résoudre les différends dans lesquels un enfant est victime de violence de manière soi-disant amiable entre la police, l’accusé et la famille de la victime exclut totalement l’enfant victime et la considération de son meilleur intérêt. La corruption de la police et de la magistrature contribue aussi à cette situation. Etant largement mal organisées et peu qualifiées, le rôle alternatif des institutions au niveau de la communauté ne parvient même pas à combler les lacunes du système.
Nécessité d’une prise en charge
Ces attitudes bloquent l’accès aux mesures nécessaires pour la réadaptation physique et psychologique et la réinsertion sociale de tout enfant africain victime de la violence. Dans la plupart des cas, les services et les conseils sociaux et psychologiques en faveur des enfants victimes ne sont pas fournis par des entités étatiques mais par des organisations intergouvernementales ou non-gouvernementales.
Cependant, le niveau général de ressources allouées reste insuffisant pour assurer un accès libre des victimes à l’assistance physique et psychologique et beaucoup de victimes ne reçoivent pas d’aide du tout.
Les organisations liées à l’OMCT demandent une amélioration de la protection globale de tous les enfants et invitent les Etats à augmenter les ressources aux organes s’occupant des enfants à tous les niveaux, des ministères aux autorités locales, lutter contre la corruption des agents de l’Etat, former et sensibiliser le personnel national et local travaillant avec les enfants, mettre en place des systèmes de justice qui favorise la protection des enfants face aux violations de leurs droits fondamentaux. (apic/com/js)



