L’organisation doit-elle rester à Genève, vu la cherté de la ville?
Genève: Avenir financier difficile pour la Fédération luthérienne mondiale (FLM)
Genève, 8 septembre 2004 (Apic) La Fédération luthérienne mondiale (FLM), dont le siège est à Genève, a enregistré un nouveau déficit en 2003. Si la FLM ne trouve pas les moyens de dégager des ressources nouvelles ou de faire des économies, elle risque de se trouver confrontée à de nouvelles difficultés financières. Le trésorier de la FLM s’est même demandé s’il est absolument nécessaire que l’organisation reste à Genève, «l’une des villes les plus chères au monde».
La FLM, qui rassemble plus de 62 millions de luthériens dans le monde, a été mise en garde par son trésorier lors de la réunion de son Conseil, près de Genève. Les ressources actuelles ne sont pas suffisantes pour assumer les charges de la FLM, a déclaré le trésorier, l’Allemand Peter Stoll. «Il faut absolument respecter le processus de définition des priorités et choisir des priorités immédiates et d’autres qui peuvent un peu attendre», a-t-il lancé.
Le Conseil de la FLM a décidé ce lundi de mettre en place un processus de planification stratégique pour poursuivre ces tâches. En 2003, le revenu total de la FLM a été de 78,49 millions d’euros et ses dépenses totales de 80,97 millions d’euros, qui comprennent des fonds pour les activités humanitaires et de secours de son département World Service, a indiqué le trésorier. Sur ce montant, il faut compter un revenu de 8,86 millions d’euros et des dépenses de 9,27 millions d’euros pour les opérations de coordination de l’organisation à Genève.
Plus que l’anglais comme langue de travail ? Fortes réactions
Peter Stoll a averti, dans son rapport, que certaines des plus grandes Eglises membres de la FLM allaient être confrontées à de grandes difficultés financières qui auront des conséquences pour leur soutien à la FLM. «Si les revenus n’augmentent pas, notre tâche de bon gestionnaire sera d’équilibrer le budget, ce qui signifiera couper des activités ou améliorer notre efficacité», a déclaré Peter Stoll.
Parmi les idées visant à épargner de l’argent avancées par Peter Stoll figure la suggestion de déplacer le siège de la FLM dans un endroit moins cher que Genève, où sont basées d’autres organisations oecuméniques, entre autres le Conseil oecuménique des Eglises (COE). «Naturellement, la meilleure chose serait que le mouvement oecuménique reste en un seul lieu, mais alors le COE doit se demander si c’est absolument nécessaire de rester dans une des villes les plus chères au monde», remarque Peter Stoll.
Il a également suggéré d’envisager l’anglais comme la seule langue de travail de la FLM, ce qui pourrait réduire les frais d’interprétation et de traduction. Cette proposition a soulevé des protestations de la part de certains membres du Conseil, entre autres celles d’un délégué d’Amérique latine qui a déclaré que l’anglais était une langue «impériale» et que la FLM «ne devrait pas succomber à cet impérialisme». Actuellement, les langues de travail de la FLM sont l’anglais, l’allemand, le français et l’espagnol. (apic/eni/be)



