La joie de vivre au programme avec le cirque Knie

Genève: campagne nationale de prévention contre la drogue (290893)

Genève, 29août(APIC) Il n’existe pas de solution unique contre la drogue,

l’accent doit essentiellement être mis sur la prévention. Telles sont les

deux idées qui soustendent la campagne nationale de sensibilisation aux

problèmes de la drogue, lancée samedi à Genève sous la tente du cirque

Knie. Menée conjointement par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP)

et par le cirque Knie, cette campagne veut montrer que le plaisir et la

joie de vivre sont des éléments importants de la prévention.

«Je suis convaincu que cette campagne saura toucher les jeunes et qu’elle contribuera à leur restituer la joie de vivre qui leur manque souvent»,

a déclaré Franco Knie, directeur technique du cirque. Pour le professeur

Thomas Zeltner, directeur de de l’Office fédéral de la santé publique

(OFSP), plaisir et joie de vivre sont des moyens importants de prévention.

«Ils donnent confiance en soi, permettant aux enfants et aux jeunes de refuser plus facilement ce qui les met en danger, par exemple la consommation

de drogue».

«L’Action cirque» se déroulera pendant toute la tournée 1993-1994 à

travers l’ensemble de la Suisse. Pendant cette opération, 2’000 familles

seront invitées gratuitement au spectacle. Certes une soirée au cirque ne

peut pas tout résoudre, mais la prévention la plus efficace se joue au

quotidien, au sein de la famille. Le cirque est par excellence un lieu de

convivialité, commente le directeur de l’OFSP.

Sortir du débat piégé de la répression et de la libéralisation

Pour la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, responsable du Département

de l’intérieur, il n’existe pas de solution unique au problème de la drogue. «Il faut sortir du débat piégé de la répression et de la libéralisation». Il s’agit avant tout d’accompagner les toxicomanes dans leur vie

douloureuse, et jusqu’à l’enfer s’il le faut, pour être là au moment où ils

désirent s’en sortir. Au niveau financier, le Département s’est donné des

moyens accrus pour la prévention avec un budget annuel de plus de 12 millions de francs. La conseillère fédérale souligne aussi la nécessité de

multiplier les approches sans crainte d’innover. En ce sens, elle ne considère pas comme contradictoires les démarches diifférentes entreprises en

Suisse alémanique et en Suisse romande. La réflexion éthique a une place

primordiale dans la mesure où l’on cherche des réponses à des problèmes humains.

Face aux deux initiatives qui s’affrontent «Pour une jeunesse sans drogue» et «Pour décriminaliser la drogue», Ruth Dreifuss répond que la première est illusoire et que la seconde se trompe aussi en proposant une libéralisation sans contrôle médical. Il est nécessaire d’évaluer soigneusement les diverses voies possibles, car les effets pervers peuvent être

énormes. Zurich par exemple est allée trop loin et a dû faire marche arrière.

Dominique Föllmi, conseiller d’Etat genevois, et Michel Rossetti, maire

de la ville, ont également insisté sur la nécessité de la prévention, notamment par le sport, le dialogue dans les familles, l’écoute, les activités scolaires et extra-scolaires. Ceci dans une effort coordonné des services éducatifs, sociaux, culturels et policiers. (apic/pp/mp)

29 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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