La construction de la paix passe par la conversion des cœurs

Genève: Célébration œcuménique pour la Journée de la paix

Genève, 22 janvier 1999 (APIC) La célébration œcuménique pour la Journée de la paix, organisée chaque année à Genève par l’Eglise catholique romaine, a été présidée par Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève. Des représentants de diverses Eglises et de nombreux fidèles se sont rassemblés jeudi dans l’église de Saint-Nicolas de Flue pour une cérémonie simple et sobre.

Retenu en Italie par les obsèques de sa mère, Mgr Giuseppe Bertello, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies, a délégué son premier conseiller, Mgr Magge, pour le repréésenter.Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), Mme Alice Tulloch, de l’Eglise d’Ecosse, Christian van den Heuvel, pasteur de l’Eglise protestante et président du Rassemblement des Eglises et communautés chrétiennes de Genève, le Père Nicolas Desboeuf, de l’Eglise catholique romaine et M. Michel Despond, de l’Eglise catholique-chrétienne ont également animé la cérémonie.

Les participants – parmi lesquels de nombreux représentants du monde international – ont médité autour du thème proposé par le pape pour la Journée de la paix 1999: «Dans le respect des droits de l’homme, réside le secret de paix véritable. En lien direct avec le 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, la célébration a été un fervent témoignage de communion fraternelle».

En pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la prière universelle exprimée dans les six langues officielles de l’ONU (anglais, arabe, chinois, français, espagnol et russe), le Notre Père chaté en commun et le geste de paix apporté aux participants par des enfants ont pris un relief tout particulier.

Le COE s’engage pour les droits de l’homme

Le pasteur Konrad Raiser a rappelé que le respect et la dignité de chaque être humain repose sur le respect et la reconnaissance envers Dieu. Il a également évoqué la récente générale du COE à Harare, relevant que les objectifs du Conseil œcuménique des Eglises rejoignent ceux de la Déclaration des droits de l’homme. En effet, l’affirmation que tous les hommes sont égaux et jouissent des même droits inaliénables est au centre des activités du COE.

L’assemblée d’Harare a permis de renouveler cet engagement en faveur de la justice, de la réconciliation, de la coopération interreligieuse au service des droits de l’homme. Le secrétaire général a insisté sur la valeur de tous les hommes aux yeux de Dieu, la dignité de chacun et l’amour du prochain «Expression de foi active».

Situations dramatiques

Le passage de l’Evangile de Marc – celui où Jacques et Jean demandent à Jésus de siéger avec lui dans sa gloire, l’un à sa gauche et l’autre à sa droite – a offert l’occasion à Mgr Farine de relevé que «l’attitude égocentrique des deux apôtres peut se trouver au fond de mon cœur et inspirer l’action et les relations avec les autres». C’est une attitude contraire à l’épanouissement, qui traduit «l’ambition de mon bien être à tout prix sans envisager le bien du prochain, l’incapacité de dialoguer, l’égoïsme, le mépris des autres et la volonté de puissance».

Cette page d’Evangile, pour l’évêque auxiliaire, garde toute son actualité. Des situations «dramatiquement emblématiques» en témoigne et citant Jean Paul II: «C’est la plaie des enfants soldats, la discrimination des jeunes filles dans certaines sociétés dans le domaine de l’éducation, la liberté religieuse, les conséquences de la crise économique, surtout dans les pays fragilisés».

La chute du mur de la honte a certes provoqué des applaudissements partout dans le monde, n’empêche qu’on peut se demandé, poursuit-il, «s’il n’y a pas la tentation d’édifier d’autres barrières encore plus hautes à l’intérieur des Etats, entre nations et même entre Nord et Sud».

Don de soi et service

La réponse du Christ va au-delà de leur attente, a précisé Mgr Farine. C’est une invitation au sacrifice, au don total de soi et au service. Exigeant, le Christ demande une conversion radicale de nos mentalités. Au prix d’un «travail sur soi proprement phénoménal», que nous pouvons accomplir que grâce à Dieu.

«Nous voilà invités à découvrir l’autre en l’autre un fils, une fille du même Créateur et un frère, une sœur en humanité. C’est ainsi que nous pouvons construire la paix, qui n’est pas une idée mais un engagement», a conclut l’évêque auxiliaire, Et de terminer en citant a nouveau Jean Paul II: «Tout croyant doit être une étincelle de lumière, un centre d’amour, une poignée de levain dans la masse. Il le sera si, dans la profondeur de son cœur, il vit en communion avec Dieu». (apic/com/gt/ab)

22 janvier 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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