« Il faut confronter les divergences pour rester unis »

Genève : Célébration pour le 60e anniversaire du COE, avec le patriarche Bartholomée Ier

Genève, 18 février 2008 (Apic) Les Eglises doivent être prêtes à confronter leurs divergences et à les examiner à la lumière des Ecritures, a déclaré dimanche à Genève le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, lors du service de célébration de la création du Conseil oecuménique des Eglises (COE), il y a 60 ans. Avec pour objectif l’unité des chrétiens.

« Les liens fraternels entre Eglises divisées et des ponts pour enjamber nos divisions sont indispensables plus que jamais. L’amour est essentiel pour que le dialogue entre nos Eglises s’effectue en toute liberté et confiance », a prêché Bartholomée Ier le 17 février, lors de la célébration oecuménique organisée à la cathédrale Saint-Pierre de Genève.

Ainsi, a-t-il dit, pourrons-nous « reconnaître que les divergences qui ont pour origine des façons différentes, d’une Eglise à l’autre, de donner des réponses à des questions morales ne sont pas nécessairement insurmontables, du fait que les Eglises témoignent de l’Evangile dans des contextes différents ».

La cérémonie s’est déroulée alors que le COE s’interroge sur le chemin qu’il va emprunter, au moment où se déroulent les réunions de son principal organe directeur du COE, le Comité central, et de son Comité exécutif. Basé à Istanbul, Bartholomée Ier de Constantinople est le primus inter pares (premier parmi ses pairs) dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe.

Selon Bartholomée Ier, « le dialogue sur des questions éthiques et morales présuppose que les Eglises ne se contentent pas de ’convenir d’un désaccord’ sur leurs enseignements moraux respectifs, mais qu’elles sont disposées à confronter honnêtement leurs divergences et à les approfondir à la lumière de la doctrine, de la vie liturgique et de la Sainte Ecriture ». Il a indiqué qu’en 1920 l’Eglise de Constantinople avait lancé un appel à toutes les Eglises du monde, les invitant, au lendemain de la première guerre mondiale, à former une « Ligue d’Eglises », coïncidant avec des initiatives similaires entreprises par des responsables anglicans et luthériens en Europe et aux Etats-Unis.

60 ans après.

Le patriarche a souligné que prés de 60 années s’étaient écoulées depuis le 23 août 1948, lorsque Geoffrey Fisher, archevêque de Cantorbéry, annonçait officiellement la fondation du Conseil oecuménique des Eglises.

Le patriarche oecuménique s’est interrogé : « Sommes-nous aujourd’hui en mesure, en tant qu’Eglises membres, de réaffirmer le rôle du Conseil comme un espace oecuménique privilégié ou’ les Eglises créeront librement des réseaux de diaconie et de défense et promotion de certaines valeurs ? » Il a par ailleurs évoqué le COE comme un espace « où, par le dialogue, les Eglises continueront à briser les barrières qui les empêchent de se reconnaître mutuellement comme Eglises qui confessent la foi commune, administrent un même baptême et célèbrent l’Eucharistie commune ».

Parmi les personnalités présentes au service se trouvaient Mgr Brian Farrel, secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, l’archidiacre Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale (ARM), le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), d’autres responsables orthodoxes, protestants, catholiques romains et oecuméniques, ainsi que des représentants gouvernementaux. (apic/eni/pr)

18 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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