Genève: «Choisir» analyse les divergences entre une partie de Europe et les Etats-Unis
«Querelles transatlantiques»
Genève, 5 mars 2003 (Apic) La revue «Choisir» des jésuites romands se penche dans sa dernière livraison sur la probable guerre que mèneront les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en Irak. Elle analyse les divergences entre l’Europe – une partie d’entre elle – et les Etats-Unis.
Les perspectives d’une guerre préventive contre l’Irak alimentent depuis quelques mois des oppositions fortes et suscitent des deux côtés de l’Atlantique des jugements peu amènes entre alliés. Pour le jésuite Paul Valadier, ces divergences entre certains pays d’Europe et les Etats-Unis relèvent de cultures politique et juridique et d’une perception de la guerre différentes.
Le manichéisme des Etats-Unis, assure-t-il, témoigne d’une culture puritaine qui a des racines profondes dans le passé politique et religieux de leur pays. L’Europe, qui fut pourtant la source de ce puritanisme, ne se reconnaît pas dans ce système de pensée. Ce qui montre qu’une culture démocratique proche ne conduit nullement à des identités de vues. «Choisir» ouvre également ses pages à au thème de la campagne de Carême 2003. «L’Action de Carême parle de s’écouter pour s’entendre. Ne faudrait-il pas d’abord écouter l’autre pour le découvrir? Et reconnaître qu’il ne sert à rien d’écouter si on ne répond pas par le langage du respect et de la dignité», s’interroge le psychothérapeute Claude Piron.
Autre dossier: la psychanalyste Marie Romanens parle de son côté d’une tendance de plus en plus marquée à la perversion, notamment dans les milieux du travail. Les logiques de la guerre économique et financière – la fin justifie les moyens – «favorisent la mégalomanie et les comportements pervers par une trop grande ignorance de l’obligation ontologique en laquelle se trouvent les êtres humains de tenir compte des uns et des autres. Du coup, chacun est incité à régresser à des niveaux de développement psychique où les enjeux d’omnipotence prédominent». Il devient ainsi acceptable et facile à certains dirigeants de se transformer en «petits chefs» despotiques.
Du coup on assiste à une recrudescence de troubles physiques et/ou psychiques qui entraîne une hausse des coûts de la santé, thème du quatrième dosser de «Choisir». La Suisse détient l’un des systèmes de santé les plus performants du monde, mais aussi des plus coûteux. Les assurés le vérifient chaque année. Pourquoi ? comment juguler ce phénomène sans prendre le risque d’une médecine à deux vitesses? Anne Durrer, secrétaire de la Commission nationale Justice et Paix, fait l’état des lieux et montre que derrière la question des coûts se profile celle des valeurs individuelles et communautaires de notre société. (apic/com/pr)



