Genève: «Choisir» ouvre son dernier cahier avec «le dernier des orientalistes»
Louis Massignon et l’islam éternel
Genève, 4 septembre 2004 (Apic) Sous le titre «Religion en dialogue», «Choisir», la revue des jésuites de Suisse romande éditée à Genève, brosse le portrait de Louis Massignon, présenté dans ce nouveau dossier comme «le dernier des orientalistes», «un grand islamologue», «un artisan du dialogue islamo-chrétien», «un écrivain majeur et un mystique habité du ’feu de l’amour divin’».
Louis Massignon était tout cela, écrit «Choisir». «Mais il était surtout un homme d’une infinie compassion marqué, depuis sa rencontre avec «l’Hôte sans visage», par le caractère sacré de l’hospitalité et le mystère de l’intercession rédemptrice».
Jerry Ryan présente ce personnage hors du commun et son oeuvre pionnière. A notre époque où bien des préjugés et méconnaissances contrarient le dialogue entre musulmans et chrétiens, se remémorer une telle figure permet d’»entrevoir le mystère qui nous entoure… qui doit transformer notre regard sur l’autre, sur l’étranger».
Rechercher le dialogue ne signifie cependant pas gommer les différences mais commencer par les entendre et les accepter. Thierry Schelling présente quelques réalités socio-géographiques de l’Islam et les divergences fondamentales qui le séparent du christianisme.
Le dialogue interreligieux
Dans ce même numéro le lecteur trouvera un article du Père Dupuis, spécialiste reconnu des questions de dialogue interreligieux dont l’expérience et les publications théologiques font autorité. La rencontre avec les grandes religions remet en cause une certaine prétention à l’universalité et une conception exclusive du salut. Pour le christianisme, le défi consiste à maintenir sa foi en Jésus-Christ, unique médiateur entre Dieu et les hommes, tout en reconnaissant que chaque religion peut être un chemin de salut pour ses fidèles.
Dernier volet dans la dernière livraison de «Choisir»: Guillaume Tell, «sans doute le plus universellement connu et admiré» parmi les Suisses. Cette aura est d’autant plus étonnante que l’authenticité du personnage est contestée par la quasi-totalité des historiens contemporains, écrit le journaliste Christophe Büchi. Après l’échec des votations sur la naturalisation facilitée des étrangers, revenir sur ce mythe fondateur de la Suisse permet d’en mesurer l’ambivalence. «Une image ambiguë sur laquelle tout Suisse, de gauche comme de droite, peut projeter ses propres conceptions de la patrie». (apic/com/pr)



