Mieux coordonner le combat contre les mines

Genève: Clôture de l’assemblée des Etats parties à la convention sur les mines

Genève, 17 septembre 2000 (APIC). La deuxième assemblée des Etats parties à la convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction s’est déroulée du 11 au 15 septembre à Genève. Dans une recommandation finale, les délégués demandent de mieux coordonner le combat contre les mines et de faire davantage connaître les possibilités d’aide aux victimes.

Dans une recommandation finale publiée vendredi, les Etats parties à la convention contre les mines signée à Ottawa en mars 1999 ont décidé de mieux coordonner leur combat contre les mines antipersonnel. Ils ont également pris la résolution de diffuser avec davantage de clarté leur programme humanitaire pour le déminage et sur l’aide aux victimes.

L’assemblée a réuni durant cinq jours près de 500 diplomates, experts sur les mines et représentants d’organisations non-gouvernementales. La détentrice du prix Nobel de la paix et responsable de la campagne Jody Williams a salué, devant l’assemblée, les progrès réalisés dans la sensibilisation au problème des mines. Elle a cependant déploré que certains pays concernés par la question n’aient pas signé la convention, comme le Soudan, l’Angola et le Burundi.

Les mines ne font aucune distinction

«L’urgence reste entière, car les mines ne font aucune distinction», a souligné pour sa part Mgr Giuseppe Bertello, observateur permanent du Saint-Siège auprès du bureau des Nations-Unies. Les mines mettent en danger, non seulement les combattants, mais toute la population civile d’un pays, a rappelé le représentant du Saint-Siège, qui a également fait remarquer que l’emploi et le commerce de ces armes vont à l’encontre du droit au développement. Les terrains minés sont en effet soustraits au travail agricole, a-t-il expliqué, or ce travail est un élément essentiel des économies des pays en voie de développement, dans lesquels on fait surtout recours à cette arme, appelée «arme des pauvres». Et les victimes diminuent la capacité productive des régions qui dépendent essentiellement de l’agriculture, a affirmé Mgr Bertello.

Le représentant du Vatican, Etat signataire de la convention d’Ottawa, a encouragé la mise en place d’une coopération internationale efficace dans les domaines financier, technologique et des ressources humaines, pour apporter mettre en place des programmes de sensibilisation aux dangers des mines antipersonnel, ainsi qu’à la réhabilitation physique et à la réintégration psychosociale des survivants, afin qu’ils puissent redevenir des membres actifs dans leurs communautés.

Une victime toutes les 20 minutes

Les mines, qui frappent longtemps après la fin des guerres, sont actuellement utilisées dans 20 conflits par 11 gouvernements et au moins 30 groupes armés et font une victime toutes les 20 minutes, indique le rapport intitulé «Vers un monde libéré des mines», et présenté récemment dans une douzaine de villes du monde. Depuis le mois de mars 1999, date de l’entrée en vigueur du traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines, les Etats qui les fabriquent sont passés de 54 à 16, au moins 22 millions de mines ont été détruites et 169 millions de kilomètres carrés de terrain ont été déminés. Ce document a été rédigé sur initiative de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines, qui rassemble plus de mille organisations dans 60 pays.

Le Centre international de déminage humanitaire, basé à Genève et créé en 1997 assure le suivi de la Conférence d’Ottawa. Le centre cherche à harmoniser les standards et les procédures de lutte. Il fournit les expertises pour déterminer les zones à décontaminer en priorité, en tenant compte des engins déposées et de leur impact réel sur la population. Les instruments de lutte sont également passés au crible. (apic/kna/imed/misna/bb)

17 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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