Divergences sur les moyens de la combattre

Genève: COE, Banque mondiale et FMI unis dans la lutte contre la pauvreté

Genève, 16 février 2005 (Apic) Si le COE, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) se sont tous engagés à éradiquer la pauvreté, il existe entre eux de très nettes différences dans la manière de les comprendre et de les résoudre. C’est ce qu’affirme le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE).

«Le mandat de la Banque mondiale appelle de ses voeux un monde libéré de la pauvreté grâce à la croissance. Le FMI est appelé à atténuer la pauvreté par les moyens de la stabilité financière et de la croissance», a souligné le 15 février le pasteur Kobia, dans une déclaration reprise par l’agence d’information oecuménique ENI. «Le COE a toujours souligné que le seul moyen d’éradiquer la pauvreté consiste à s’attaquer à l’injustice et à l’inégalité, qui ont pour source l’actuel ordre économique injuste.»

Le pasteur Kobia s’adressait aux membres du Comité central du COE pour la première fois depuis son entrée en fonction comme secrétaire général au début 2004. Le COE, le FMI et la Banque mondiale ont tenu une série de rencontres ces dernières années en vue de discuter de la pauvreté mondiale et des stratégies pour la combattre.

Le pasteur Kobia a rappelé que l’Assemblée du COE à Harare en 1998 a chargé l’organisation de promouvoir des alliances avec d’autres partenaires de la société civile qui travaillent sur des thèmes en rapport avec la mondialisation, et en particulier qui proposent des solutions de rechange aux activités de sociétés transnationales telles que le FMI ou la Banque mondiale. Or, «il est apparu d’emblée», a fait remarquer le pasteur Kobia, «que s’il y a, entre la position du COE et celle des institutions financières internationales, des points communs dans la manière d’énoncer les problèmes économiques et sociaux, il y a aussi de très nettes différences dans la manière de comprendre ces problèmes et d’envisager les moyens de les résoudre.»

Pour une discussion sur les causes des injustices

Alors que la Banque mondiale et le FMI «pensaient que ces rencontres auraient pour principal thème de discussion la manière dont les Eglises pourraient les aider à mettre en oeuvre leurs instruments, tels que les programmes stratégiques de réduction de la pauvreté ainsi que les objectifs de développement pour le millénaire (ODM), adoptés à l’initiative de l’ONU», a précisé le pasteur Kobia, «le COE voulait que les discussions portent sur les causes fondamentales des injustices actuelles».

Selon le pasteur Kobia, «le COE avait la conviction que l’actuel système est injuste et que d’autres solutions sont possibles. Donc, dès le départ, il y avait deux perspectives nettement différentes, et ces divergences se sont maintenues tout au long de nos rencontres.» (apic/eni/bb)

16 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!