Une tragédie aussi répandue qu’ignorée
Genève: Conférence internationale sur les disparus
Genève, 20 février 2003 (Apic) La Conférence internationale sur les disparus s’est ouverte le 19 février à Genève. Son but est de sensibiliser les Etats, les organisations internationales et les ONG au phénomène largement ignoré des disparus et de la tragédie que vivent leurs familles.
Dans sa déclaration, Leonard Rubenstein, Directeur exécutif de «Physicians for Human Rights», a déclaré que les personnes portées disparues et leurs familles ne «font pas parties de la préoccupation des Etats, des organisations internationales, des ONG et même du droit international humanitaire et des droits de l’homme». «Il y a beaucoup de raisons qui expliquent ceci», a-t-il dit, «en particulier le fait que les disparus et leurs familles ne semblent pas avoir des droits tels que, par exemple, les réfugiés et les non-combattants».
Il se déclare convaincu que cette conférence mettra le problème tragique des disparus sur l’agenda des droits de l’homme. Il a souligné l’importance pour la communauté internationale de reconnaître le droit de savoir. «Des droits», a-t-il souligné, «impliquent des obligations. Des droits vont mettre les Etats devant leur responsabilité».
Jean-Marc Boulgaris, ambassadeur et représentant permanent de la Mission permanente de la Suisse auprès des Nations Unies, a notamment souligné que «le phénomène des disparitions n’est pas limité aux seuls conflits armés, mais existe également dans les situations de violences internes.
Dans son allocution, le Président du CICR, Jakob Kellenberger, a précisé que «Prévenir les disparitions, rétablir le contact entre les membres des familles séparées et élucider le sort des personnes portées disparues sont des tâches auxquelles le Comité international de la Croix-Rouge se consacre depuis ses toutes premières années d’existence. Une volonté politique insuffisante de la part des belligérants ou, plus simplement, l’état de désorganisation générale régnant au sein des communautés affectées par un conflit armé ou une situation de violence empêchent souvent le CICR de remplir sa mission.» SH
Encadré
Rapport du CICR: Les personnes portées disparues et leurs familles
«D’innombrables familles plongées dans des situations de conflit armé ou de violence interne vivent dans la dure réalité de l’incertitude sur le sort de leurs proches. Partout dans le monde, des parents, des frères et soeurs, des époux et des enfants tentent désespérément de retrouver des membres de leur famille. Des familles et des communautés, qui ignorent si leurs proches sont vivants ou décédés, sont dans l’impossibilité de tirer un trait sur les évènements violents qui ont bouleversé leur vie», indique le rapport du CICR.
Le CICR soutient qu’il «incombe aux autorités de l’Etat, aux groupes armés et aux dirigeants d’agir, avec le soutien des organisations nationales et internationales actives dans le domaine humanitaire et des droits de l’homme, pour éviter que des personnes ne soient portées disparues et pour faire face aux conséquences des disparitions lorsqu’elles se produisent. Elles ont, poursuit le CICR, à leur disposition un large éventail de mesures qui comprennent la persuasion, la substitution, la dénonciation ou des actions en justice. Un dialogue constructif doit être instauré, entre toutes les parties, y compris les familles des personnes portées disparues. C’est là l’unique moyen de réduire le nombre de personnes portées disparues et d’identifier des mesures appropriées à prendre en leur faveur et pour leur famille», conclut le CICR. (apic/com/sh)



