50 ans après son appel à l’insurrection contre la misère
Genève: De nombreux Genevois ont rendu hommage à l’abbé Pierre
Genève, 2 mars 2004 (Apic) De nombreux Genevois ont rendu hommage lundi à l’abbé Pierre, à Carouge, 50 ans après son appel à l’insurrection contre la misère. Malgré son grand âge, l’abbé Pierre a tenu à se déplacer. Près de 1’000 personnes ont assisté à cet hommage, qui s’est terminé par un côté festif.
A Carouge (GE), dans une église de Ste-Croix archicomble, l’acteur Jean-Luc Bideau a relu l’appel à l’aide lancé par l’abbé Pierre sur les ondes de radios françaises le 1er février 1954, il y a cinquante ans. A l’occasion de cet anniversaire, le public a rendu hommage au fondateur d’Emmaüs, au cours d’une célébration interreligieuse.
«A l’époque, je l’ai entendu au Palais des Expositions», se souvient une dame âgée. En effet, il y a un demi-siècle, la foule genevoise se pressait déjà, peu de temps après le célèbre appel radiophonique, pour écouter ce prêtre vêtu de noir, révolté par la misère. Lundi soir, c’était la même foule et la même ferveur, entretenue par les prestations du groupe gospel «Sweet’n Soul».
Messages
L’abbé Pierre a été accueilli par le curé de la paroisse, l’abbé Alex Niering, puis par le maire de la commune, Francette Meyer. Carouge abrite, depuis le début des années 60, une communauté de chiffonniers d’Emmaüs et, depuis peu, un lieu pour les femmes en détresse. «Il y a aussi de l’exclusion dans notre pays, due à l’absence de solidarité. Votre action et celle d’Emmaüs sont porteuses d’espoir», a dit Francette Meyer.
«J’avais 14 ans au moment de l’appel de l’abbé Pierre. Depuis, la société a changé, mais le malaise et l’angoisse des déshérités n’ont pas changé», a déclaré Jean-Luc Bideau avant de lire le texte «dur et courageux» de cet appel.
Porte-parole de la mosquée, Hafid Ouardiri exprima à l’abbé Pierre les «sincères sentiments d’un musulman».Enfin, l’abbé Pierre a adressé un bref message à l’assemblée. On en retiendra cette parole d’un compagnon d’Emmaüs: «L’infaillibilité, c’est ici qu’elle se trouve. Quand on travaille pour ceux qui sont dans le besoin, on est sûr de ne pas se tromper!» (apic/mba/pr)




