Quel avenir pour le travail, quel avenir pour les jeunes ?
Genève: Des Jocistes à la conférence de l’OIT
Genève, 10 juin 2005 (Apic) L’un est venu du Ghana, l’autre, une jeune femme, des Philippines. Ils ont rejoint leur président, un Indien, leur secrétaire, une Australienne et leur aumônier, un prêtre brésilien. Représentants de la Jeunesse ouvrière chrétienne internationale (JOCI), ils participent à Genève à la Conférence de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui porte cette année sur l’emploi des jeunes.
Ils avaient prévu un débat à la Maison des Associations sur le thème «Quel avenir pour le travail, quel avenir pour les jeunes?» Ce fut plutôt une rencontre avec une poignée de sympathisants et de syndicalistes. Elle a permis aux Jocistes de brosser un sombre tableau de la situation actuelle des jeunes dans le monde du travail. Ou plutôt, pour une grande partie d’entre eux, dans le monde du chômage, de la précarité et de l’économie informelle. «Le système économique actuel mène à la réduction du nombre d’emplois», constatent-ils. Et ceux qui ont le privilège de travailler doivent souvent accepter des horaires démesurés et des bas salaires. En outre, nombre de jeunes filles sont en proie au harcèlement sexuel.
Coordinateur du secteur de l’économie informelle au sein de la Confédération Mondiale du Travail (CMT), Wim De Groof, venu dialoguer avec les Jocistes, se demande comment amener les jeunes à ne pas se satisfaire de n’importe quel emploi et à exiger des conditions de travail «décentes». Malheureusement, une partie d’entre eux ne se montrent pas intéressés par une action collective. C’est l’une des tâches d’un mouvement comme la JOC de les convaincre.
Pour un salaire minimum et maximum
La JOCI a élaboré une série de propositions à l’adresse des participants à la conférence de l’OIT. Aux syndicats, ils demandent de s’adapter aux changements survenus dans le monde et d’organiser les travailleurs de l’économie informelle. Aux gouvernements, ils présentent toute une série de revendications, comme la fixation d’un salaire minimum permettant de répondre aux besoins élémentaires et, plus novateur, d’un salaire maximum. Ou l’accroissement des dépenses pour la protection sociale et la réduction des dépenses militaires. Ils souhaitent encore que l’OIT dispose d’un mécanisme obligeant les pays à mettre en oeuvre ses conventions.
Des conventions qui n’ont pas force de loi et sont de plus largement méconnues, déplorent les Suisses qui ont participé à cette rencontre. Ceux- ci ont évoqué le sort des travailleurs migrants sans statut légal (dits «sans papiers») et la lutte entreprise chez nous pour régulariser leur situation. Ici comme ailleurs, il y a du pain sur la planche. MBA
Encadré:
La Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI), dont le siège est à Bruxelles, compte une vingtaine de milliers de militants, dans 50 pays. Son action, souligne-t-elle, touche une centaine de milliers de jeunes travailleurs, avec ou sans emploi. Elle vise à leur permettre «de découvrir leur dignité», de se former et à «promouvoir le dialogue interreligieux et créer une société solidaire et interculturelle». En 1986, une partie des mouvements jocistes, appuyés par le Saint Siège, se sont détachés de la JOCI et se sont rassemblés dans la Coordination Internationale de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (la CIJOC, avec un secrétariat à Rome), plus axée sur l’évangélisation. (apic/mba/bb)



