Le Vatican demande encore une fois leur interdiction

Genève: Experts de la Convention sur l’interdiction de certaines armes classiques (CCW)

Rome, 29 janvier 2008 (Apic) Le représentant du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève est intervenu à nouveau lors de la session du groupe d’experts gouvernementaux de la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques (CCW), armes à sous-munitions. Il a demandé leur interdiction totale.

L’intervention du représentant du Saint-Siège aux Nations-Unies le 14 janvier à Genève a été rendue publique le 29 janvier par le Bureau de presse du Vatican. Une nouvelle fois, le Saint-Siège a demandé l’interdiction des armes à sous-munitions, par la voix de Mgr Silvano Tomasi, représentant permanent auprès des Nations Unies à Genève.

«Si la guerre a un prix, la paix aussi en a un. Il est de loin plus modeste», a ainsi déclaré à Genève Mgr Tomasi, réaffirmant qu’aux yeux du Saint-Siège «l’affirmation de la nécessité militaire des armes à sous munitions (.) semble inacceptable».

«L’utilisation de ces armes par des acteurs non étatiques dans des conflits récents devrait nous pousser à être vigilants et déterminés à agir urgemment», a expliqué le diplomate. Il alors salué l’engagement «des producteurs, des utilisateurs et de ceux qui possèdent des stocks» de munitions, Mais il a qualifié de «crucial» le fait de prendre en compte que «de nombreux pays peuvent aussi devenir producteurs, utilisateurs et possesseurs de stocks».

«Le vrai danger», a aussi expliqué Mgr Tomasi, vient «du surarmement et tient au fait de ne se fier qu’aux armes, pour assurer la sécurité nationale ou internationale». A ses yeux, au contraire, «le développement, la confiance mutuelle, la prévention, la création des conditions d’une vie digne sont les paramètres sans lesquels il ne peut y avoir ni de sécurité ni de stabilité».

Mgr Tomasi a aussi rappelé que Benoît XVI, lors de ses voeux au corps diplomatique, le 7 janvier dernier, avait encouragé «l’adoption de mesures appropriées pour affronter le problème humanitaire posé par les armes à sous-munitions». Il a alors expliqué que ce n’était pas «un hasard» si l’intervention du pape était tombée immédiatement avant la réunion de Genève et quelques semaines avant une nouvelle conférence consacrée à la question à Wellington (Nouvelle-Zélande), du 18 au 22 février prochains.

Restées dans le sol, elles explosent au moindre contact

Les armes à sous-munitions sont des petites bombes dispersées par centaines à partir de munitions classiques comme les missiles, les bombes ou les obus. Une majorité de pays les possèdent. Apparaît alors un tapis d’explosions allant jusqu’à plusieurs centaines d’hectares. On estime qu’entre 5 % et 30 % de ces sous-munitions n’explosent pas au sol et se comportent comme des mines antipersonnelles, elles-mêmes condamnées par la Convention internationale d’Ottawa de 1997. Gisant par centaines de milliers en territoire devenu hors de conflit, elles peuvent en effet exploser au moindre contact. On a pu voir leur utilisation massive dans le cadre de plusieurs conflits, comme en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo. De longue date, le Saint-Siège soutient l’idée d’un moratoire sur l’utilisation des armes à sous-munitions. (apic/imedia/ami/vb)

29 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!