Inquiétude des Centres sociaux protestants

Genève: Face à la dérive du marché du travail

Genève, le 22 mars (APIC) Les Centres sociaux protestants constatent les effets inquiétants de la dégradation des conditions de vie liées au chômage et au travail précaire. A l’occasion de leur traditionnel «appel de mars », les quatre CSP de Suisse romande mettent cette année l’accent sur la dérive du marché de l’emploi.

Les Centres sociaux protestants constatent la dégradation des conditions de vie liées au chômage et au travail précaire. Dans leur «appel de mars », les quatre CSP de Suisse romande insistent sur la dérive du marché de l’emploi. Exemple à Genève: l’Office de l’emploi propose à une femme au chômage un essai d’une semaine dans une entreprise. Un peu plus tard, elle se voit frappée d’une pénalité de 31 jours, sous prétexte qu’elle n’a pas donné satisfaction. Selon Rémy Kammermann, juriste au CSP, cette mesure correspond à une privation d’indemnités d’un mois et demi. Ou à une amende de 6’000 francs. Cette peine entraînera, en cascade, avertit le CSP, la perte du droit de cette femme à un emploi temporaire et du revenu minimum pour chômeurs en fin de droits.

La sanction est tombée à la suite d’un simple coup de téléphone de l’employeur. Le juriste du CSP a présenté une réclamation. Celle-ci a été admise par l’instance de recours de l’Office de l’emploi, car les raisons données par l’employeur n’étaient nullement convaincantes. La mesure est ainsi annulée.

Mais il s’avère, constate le juriste du CSP, que «c’est une affaire trop compliquée pour qu’une personne se défende seule, et trop petite pour intéresser un avocat». Le service de l’oeuvre d’entraide répond à plusieurs milliers d’appels de ce type par an. Qu’en est-il, s’interroge-t-il, «de tous ceux qui ne connaissent pas un tel service et restent seuls face à une administration au langage souvent incompréhensible ?»

Le travail à temps partiel imposé fragilise financièrement de nombreuses personnes

Il y a 22’000 demandeurs d’emploi à Genève pour 400 places offertes. «Même si les entreprises n’annoncent pas tous les postes vacants, on est loin du compte», souligne Pierre-Alain Champod, directeur du CSP. En outre, les chômeurs sont facilement soupçonnés d’abus. Tout comme les bénéficiaires de l’assurance invalidité, ajoute-t-il.

Par ailleurs, il déclare que le travail sur appel ou à temps partiel, imposé, fragilise bien des personnes. «De plus en plus de gens viennent nous consulter à cause d’un emploi précaire».

Pour faire face à ces problèmes, il faut des ressources. C’est ce que recherchent les CSP romands à travers leur campagne placée sous le slogan: «Avec 3 ronds, on fait beaucoup». Heureusement, la situation financière du CSP de Genève, qui avait entraîné des licenciements, s’est rétablie en 2004, année du cinquantième anniversaire de l’institution. Au grand soulagement du président Jean-François de Montmollin, qui peut ainsi s’apprêter à remettre sa charge en toute sérénité. (apic/mba/vb)

22 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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