Genève: «Franciscans International» dénonce la situation des non-musulmans au Pakistan

Les chrétiens sont des étrangers dans leur propre pays

Genève, 11 avril 2001 (APIC) La situation des chrétiens, qui constituent la plus grande minorité religieuse au Pakistan, se dégrade chaque jour. L’arabisation du pays ne laisse pas d’espace aux religions non musulmanes. Les chrétiens se sentent des étrangers dans leur propre pays. Ces constatations font l’objet d’un rapport présenté à la commission des Droits de l’homme des Nations Unies à Genève par le mouvement «Franciscans International».

«Franciscans International», qui représente plus de 1,25 million de franciscains dans le monde, est constitué également de laïcs catholiques, anglicans, protestants et luthériens. Cette année le mouvement a centré ses efforts sur la situation des chrétiens au Pakistan.

La discrimination au Pakistan ne date pas d’aujourd’hui. Mais la situation devient de plus en plus insupportable pour la population non musulmane, et surtout pour les chrétiens, selon le mouvement franciscain. La nouvelle structure du gouvernementale ne permet plus la représentation des minorités dans le gouvernement. Par ailleurs la pression est si dissuasive envers les femmes que même si des sièges leur sont réservés au gouvernement, elles renoncent à y accéder.

Le système électoral établit également que les musulmans doivent voter pour les musulmans, les chrétiens pour les chrétiens et les hindous pour les hindous et ainsi de suite. Malgré les promesses faites par le gouvernement pour changer ce système, qui crée de fait des citoyens de deuxième classe, rien a été changé.

Des conditions de vie intolérables

Le mouvement franciscain dénonce également les conditions de vie des chrétiens, dont la majorité vivent dans des villages sans le confort que connaît le reste de la population, à savoir sans accès à l’eau potable, sans gaz, sans routes bétonnées, sans système de santé et ni de scolarisation. Et la majorité travaille pour des patrons musulmans à des très bas salaires. Certains situations, selon «Franciscans International» qui est présente sur le terrain, sont proches de l’esclavage. Dans leur présentation de la situation devant la Commission des droits de l’Homme à Genève, le mouvement a affirmé que les femmes et les filles qui travaillent dans les maisons des musulmans sont souvent violées, maltraitées et abusées, mais la loi les empêche de porter plainte.

«Franciscans International» demande au Rapporteur spécial sur l’intolérance religieuse de faire une deuxième visite au Pakistan. Le mouvement franciscain va intervenir lui-même auprès du gouvernement pakistanais afin de faire respecter les droits des minorités religieuses et demander que des Conventions internationales, comme celle contre la torture et celle sur les Droits économiques, sociaux et culturels soient ratifiées. (apic/ines/bb)

11 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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