Sa mission: promouvoir la tolérance parmi les juifs

Genève: Intervention d’une femme rabbin d’Israël au sommet interreligieux du COE

Genève, 8 juin 2005 (Apic) La première femme à être devenue rabbin en Israël a présenté les axes de son engagement lors du sommet mondial interreligieux du COE à Genève. Elle veut promouvoir le pluralisme parmi les juifs, mais elle se sent parfois impuissante en voyant des jeunes adopter des croyances fondamentalistes ou un laïcisme orienté vers la consommation.

«Je vis au Moyen-Orient, un lieu hautement instable», a lancé Naamah Kelman, dans l’intervention qu’elle a faite le 8 juin, et reprise par l’agence oecuménique ENI. La rencontre interreligieuse réunit actuellement plus de 120 responsables bouddhistes, chrétiens, hindous, juifs, musulmans, sikhs, zoroastriens et autres. Elle est organisée à Genève par le Conseil oecuménique des Eglises (COE).

Dans cette région, «trois religions monothéistes luttent pour la victoire messianique. Deux d’entre elles, le judaïsme et l’islam, sont engagées dans une guerre politique territoriale», a souligné Naamah Kelman, responsable des initiatives en matière d’enseignement au Hebrew Union College à Jérusalem, et membre du Conseil des «rabbins pour les droits de la personne», groupe qui a souvent critiqué le gouvernement israélien.

Selon Naamah Kelman, la plupart des rabbins sont considérés comme des extrémistes et des fondamentalistes, et il y en a peu qui affichent des positions modérées. Le dialogue interreligieux, estime-t-elle, devrait interpeller et inciter les participants à réfléchir à leurs propres traditions.

Une génération plus jeune adopte des croyances fondamentalistes

«En tant que rabbin du judaïsme réformé vivant en Israël, je lutte dans de nombreux domaines: celui de la tolérance religieuse et du pluralisme parmi des juifs», a expliqué Naamah Kelman, qui est née et a grandi à New York dans une famille de rabbins puis est venue en Israël en 1976, où elle est devenue rabbin en 1992. Pourtant, a-t-elle fait remarquer, «ceux d’entre nous qui se situent dans le camp libéral sont de plus en plus impuissants face à une génération plus jeune qui adopte des croyances fondamentalistes si elle décide de suivre la voie religieuse ou un laïcisme vide orienté vers la consommation si elle choisit un chemin non religieux.»

Un antidote, selon ENI, pourrait être un programme lancé par Naamah Kelman qui rassemble des étudiants se destinant au rabbinat et des jeunes leaders de différentes branches du judaïsme en Israël – orthodoxes, conservateurs, réformés et laïques. Ainsi, comme l’indique le quotidien Haaretz dans un article publié cette année sur cette initiative, douze jeunes leaders de quatre groupes religieux se réunissent une fois par mois afin de débattre du judaïsme. Naamah Kelman a déclaré au journal que son rêve était que ce dialogue conduise à des programmes communs, afin de former des rabbins qui soient des «conseillers spirituels» dans des situations de détresse. (apic/eni/bb)

8 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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