Le Vatican à l’OMS: réduire les coûts des soins médicaux,
Genève; Intervention de Mgr Barragan devant la 50e Assemblée de l’OMS
et promouvoir la solidarité entre les générations
Rome, 12 mai 1997 (APIC) Le Vatican demande à l’OMS de prendre des mesures afin de réduire les coûts des soins médicaux et de promouvoir la solidarité entre les générations. Il faut, a dit le Vatican devant la 50e Assemblée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à Genève, réformer la politique des soins de première urgence et des médicaments essentiels, dans les pays pauvres comme dans les pays riches.
L’abaissement du coût des soins médicaux et des médicaments et une politique de solidarité entre les générations: ces deux mesures ont en effet été préconisées devant la 50e de l’OMS Mgr Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale des travailleurs de la santé, au moment où la majeure partie des pays entreprennent des réformes de leur système de santé et de sécurité sociale.
Pour Mgr Barragan, il faut ramener le coût des soins médicaux et des médicaments à un «niveau relativement bas». Comment ? En réformant la politique des soins de première urgence et des médicaments essentiels, dans les pays riches comme dans les pays pauvres. Une politique qui doit s’appuyer sur la solidarité entre les générations et entre les personnes, les bien-portants et les malades, les riches et les pauvres, les différents groupes et catégories sociales. Il est donc «urgent», a-t-il déclaré, d’introduire dans la nouvelle stratégie la notion de «sociétés de solidarité mutuelle» dans l’accès aux soins médicaux, et en particulier aux médicaments de base.
Le représentant du Saint-Siège est revenu à plusieurs reprises sur les principes qui ont guidé la fondation de l’OMS il y a 50 ans (1946): «la valeur et l’égale dignité de tous les êtres humains» et «la détermination à agir ensemble pour la paix et la sécurité grâce au développement de la santé». Cela suppose «la conscience de l’interdépendance qui lie tous les peuples et toutes les nations», a rappelé le prélat, citant le discours de M. Hiroshi Nakajima au Conseil exécutif de l’OMS, en janvier 1996.
Mgr Barragan s’est réjouit des progrès de la lutte contre certaines maladies dont on espère l’éradication pour l’an 2000 comme la polio. Mais il a souligné les nouveaux défis de la fièvre hémorragique due au virus Ebola et à la maladie de la vache folle ou encéphalite bovine spongiforme. Le prélat a signalé aussi les ravages de la pauvreté dans le monde: elle affectait, en 1995, 1,3 milliard de personnes. Le fossé entre riches et pauvres, le Nord et le Sud de la planète, constituent une «sérieuse hypothèque» pour la politique de «santé pour tous» au XXIe siècle. Autre hypothèque: la conception de la personne que trahit la notion de «santé reproductive». «Ce programme concerne directement la vie humaine et ne peut pas se limiter à une phase de l’existence humaine», a insisté Mgr Barragan.
Mis en garde contre une conception éclatée de l’être humain:
«L’homme est un tout, avec sa dimension physique, psychique, émotionnelle et relationnelle.» On ne saurait dissocier les différentes étapes de son développement: conception, naissance, relations sexuelles: il s’agit d’un ensemble, et la personne est dans «une dynamique relationnelle», dans la famille et dans la société. On ne peut donc séparer le bien-être physique, psychique, social et individuel, a averti Mgr Barragan. Le président du dicastère de la santé a dit le désir de l’Eglise catholique, qui compte quelque 21.757 institutions de santé à travers le monde, de prendre part à la définition de la «nouvelle politique de santé». (apic/cip/pr)



