Genève: Intervention de Pax Christi sur les droits économiques, sociaux et culturels

Genève, 4 avril 2001 (APIC) Les droits économiques, sociaux et culturels sont tributaires d’engagements adoptés par les Etats membres de l’ONU, notamment en matière d’aide au développement (APD). Or, «l’objectif des 0,7% des revenus des pays les plus riches pour l’APD n’a été atteint que par quatre pays. Il est impératif qu’il devienne une priorité dans les tous les pays concernés». C’est ce qu’a déclaré mardi devant la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies Julia Stuckey, représentante permanente de Pax Christi International.

Dans une brève intervention orale sur le thème «Droits économiques, sociaux et culturels», la représentante de Pax Christi s’est réjouie des progrès réalisés en vue de l’adoption du protocole facultatif sur les droits économiques, sociaux et culturels. Au vu de la progression de l’injustice sociale et de ses conséquences négatives pour une culture de la paix, elle a insisté pour que «les négociations progressent rapidement de façon à ce que cette proposition entre en vigueur dès que possible».

Pax Christi International apprécie le travail réalisé par les experts sur le droit au logement, à l’éducation, à l’alimentation et sur l’extrême pauvreté, entre autres. L’accès à un emploi décent est également une priorité pour que des milliers de familles dans le monde puisse sortir de la pauvreté et de la précarité et vivre dans des conditions de vie dignes. A cet égard, Pax Christi souligne l’importance de «la création d’emplois dignes pour tous et toutes dans le monde et du respect des droits fondamentaux des travailleurs, tels qu’ils sont garantis dans la Déclaration des Droits et Principes Fondamentaux du BIT».

Le citoyen n’est pas un «client» !

Concernant les effets négatifs des politiques d’ajustement structurel et de la dette extérieure sur la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels, Pax Christi exhorte la Commission des droits de l’homme et le rapporteur spécial sur ce thème à insister davantage pour que l’initiative d’allégement de la dette des pays les plus endettées (PPTE) se renforce et que la nouvelle approche en vigueur permette un assouplissement du cadre traditionnel de l’ajustement structurel.

Le mouvement insiste aussi sur “la poursuite d’une remise en question de la privatisation de services publics essentiels au nom de critères d’efficacité et de compétitivité. L’effet de ces mesures est clairement palpable dans les pays du sud où ces politiques ont été appliquées, essentiellement en termes d’accès aux services essentiels (éducation, santé, pension, alimentation, développement rural et autres). Le citoyen est considéré comme un client dont l’accès au service dépend de son pouvoir d’achat. Il n’y a de pire violation du droit à des services essentiels pour la dignité, la survie, voire la vie humaine”. Le mouvement insiste enfin pour que l’initiative PPTE se base sur “une consultation institutionnalisée, vraie et sincère des pays et des acteurs de la société civile au sein de ceux-ci pour qu’il s’agisse d’une politique > et non > aux destinataires directement concernés».

Par ailleurs, souligne Pax Christi, l’application d’une taxe sur les transactions financières internationales doit figurer au rang des priorités de l’Agenda de cette Commission. «Cette taxe, dont la faisabilité a été démontrée par de nombreux experts, est indispensable pour dissuader les mouvements spéculatifs et contribuer de façon significative au respect des droits essentiels de la personne humaine et des peuples». (apic/cip/pr)

4 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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