La bataille la plus dure en faveur des droits de l’homme

Genève: Intervention du cardinal Etchegaray à la table ronde de l’ONU sur le racisme

Genève, 7 août 2001 (APIC) Le racisme est une vieille réalité «plus vivante que jamais sous des masques divers», a déclaré le cardinal Roger Etchegaray. Ce dernier a participé le 3 août dernier à une table ronde organisée à Genève par le Haut Commissaire de l´ONU pour les droit de l’homme, Mary Robinson, en préparation à la Conférence mondiale sur la discrimination raciale, qui aura lieu du 31 août au 7 septembre à Durban (Afrique du Sud).

«On ne saura jamais assez écraser ce mal qui ne cesse de renaître de ses cendres; car si son nom a fini par être discrédité, la réalité raciste reste plus vivante que jamais sous des masques divers», a relevé le cardinal français, président du Comité du Vatican pour le grand Jubilé de l’an 2000 et ancien président du Conseil Pontifical Justice et Paix. Le texte de son intervention a été publié lundi par la salle de presse du Saint-Siège.

Le Cardinal Etchegaray fait partie d’un groupe de «personnes éminentes» constitué par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme pour réfléchir à la question du racisme, en préparation à la conférence de Durban. Le président de ce groupe est l’ancien président d’Afrique du Sud, Nelson Mandela. Sont également membres du groupe: Oscar Arias, ancien président de Costa Rica, Patricio Aylwin Azócar, ancien président du Chili, Soheib Bencheikh El Hocine, grand mufti de Marseille; Jimmy Carter, ancien président des Etats-Unis, Mikhaël Gorbatchev, ancien président de l’Union Soviétique. Certains d’entre eux participaient également à la table ronde.

Le combat contre le racisme est une véritable «guerre d’usure», a estimé le cardinal français. «Il est sans doute le plus dur de tous les combats des droits de l’homme, car il a pour objet l’égalité foncière de tous les hommes et c’est là une sorte de défi de l’esprit contre la nature, car les hommes sont plus friands de différence que d’égalité».

Pour le cardinal, l’Evangile donne à chacun sa chance pour sortir de l’impasse raciste. L’Eglise, a-t-il dit, est bien consciente des défaillances historiques ou actuelles de certains de ses propres membres: mais toute discrimination raciale est aux antipodes de sa foi chrétienne et le respect plénier de l’autre va bien plus loin que de se résigner à la tolérance comme à une épreuve inévitable.

Deux thèmes

Les sessions préparatoires de la Conférence mondiale sur le racisme devraient s’articuler autour de deux thèmes: les indemnisations économiques demandées par certains pays africains victimes dans le passé du commerce honteux des esclaves, et la proposition présentée par certains pays arabes de comparer le sionisme avec le racisme.

Interrogé le 6 août par «Radio Vatican», le cardinal Etchegaray a déclaré qu’il espérait que le bon déroulement des travaux de la Conférence ne serait pas perturbé par des questions spécifiques «même si ces questions sont très sérieuses». Il espère également qu’on n’oubliera «aucune des formes du racisme qui se cachent un peu partout dans le monde et dont on n’est pas toujours conscient». (apic/zn/pr)

7 août 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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