Genève: Jody Williams poursuit la lutte contre les mines antipersonnel

Genève, 7 mars 1999 (APIC) La lauréate du Prix Nobel de la paix 1997, Jody Williams, de passage la semaine dernière au Centre oecuménique à Genève, a rendu hommage aux Eglises et au rôle qu’elles ont joué dans la campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel. Elle les a en outre encouragées à continuer leur action, notamment en écrivant au président des Etats-Unis, afin que tous les pays signent le Traité d’interdiction.

Le Traité d’interdiction des mines antipersonnel – qui tuent ou mutilent plus de 25’000 personnes par an – est entré en vigueur le 1er mars 1999. Le traité a été adopté à Oslo en septembre 1997 et signé en décembre 1997 à Ottawa, au Canada, par 122 pays.

Les églises de nombreux pays, entre autres celles du Brésil, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie et de la Suisse, ont fait retentir leurs cloches le 1er mars pour marquer l’événement.

Jody Williams, qui en compagnie de la Campagne Internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel, a obtenu le Prix Nobel de la paix en 1997, a souligné que plus d’un tiers des organisations non gouvernementales (plus de mille) participant à la Campagne, étaient des Eglises chrétiennes, des organisations liées aux Eglises ou représentant d’autres religions.

«Le message de la Campagne est que des gens ordinaires comme vous et moi, peuvent, lorsqu’ils travaillent ensemble, réaliser des choses extraordinaires», a-t-elle dit aux personnes rassemblées au Centre oecuménique, et parmi lesquelles se trouvaient les secrétaires généraux de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et de l’Alliance réformée mondiale (ARM).

«Il faut écrire au président Bill Clinton»…

«Nous avons pu apprendre au monde qu’il y avait une crise humanitaire et qu’il fallait y faire face immédiatement», a-t-elle poursuivi. «Le 1er mars, ce traité est devenu obligatoire en droit international, plus vite qu’aucun autre traité dans l’histoire.» A la date du 3 mars, 135 pays ont signé le Traité d’interdiction, et sur ces 135 pays, 66 l’ont ratifié. Toutefois, un certain nombre de grands pays, notamment les Etats-Unis, la Russie et la Chine, ne l’ont pas encore signé. Jody Williams a exhorté les gens à écrire au président des Etats-Unis, Bill Clinton, et au Pentagone, pour demander que les Etats-Unis signent le Traité.

Elle a aussi appelé les Eglises et les communautés religieuses à soutenir la Campagne au Moyen-Orient ainsi qu’en Russie, dans la Communauté d’Etats indépendants (CEI), en Inde et au Pakistan.

«Il est important que ce traité réussisse car nous ne voulons pas créer une nouvelle loi internationale à laquelle personne ne porte attention», a encore ajouté la lauréate du Prix Nobel.

En accueillant Jody Williams au Centre oecuménique, le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), le pasteur Ishmael Noko, a fait remarquer qu’en «unissant leurs forces, la société civile et les communautés religieuses peuvent faire beaucoup».

Quand prophétie et diplomatie se réconcilient

Pour le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), Jody Williams est l’exemple qui montre comment «la prophétie et la diplomatie peuvent être réconciliées. Tout ce qu’a réalisé la Campagne pour l’interdiction des mines antipersonnel est «encourageant et réconfortant, surtout pour nous dont l’identité oecuménique trouve ses racines dans l’engagement chrétien», a-t-il conclu.

Jean Paul II, dimanche dernier, a qualifié le Traité d’Ottawa de «victoire de la culture de la vie sur la culture de la mort». «Je prie Dieu de donner à tous les peuples le courage de faire la paix pour que tous les pays qui n’ont pas encore signé cet important instrument du droit international humanitaire le fassent sans retard». (apic/eni/sb/ba)

7 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!