Marche silencieuse aux flambeaux et débat sur la politique d’asile

Genève: Journée des droits de l’homme (121293)

Genève, 12décembre(APIC) Une marche silencieuse aux flambeaux et une soirée de débats au sujet de la politique d’asile en Suisse ont concrétisé

vendredi à Genève la célébration de la Journée des droits de l’homme. Une

célébration poursuivie ensuite tout le week-end dans une trentaine de paroisses genevoises au cours de liturgies animées par l’Action des chrétiens

pour l’abolition de la torture (ACAT-Jeunes).

A l’appel d’Amnesty International (AI) et d’autres associations pour les

droits de l’homme, quelque 250 à 300 personnes – dont une majorité de jeunes – sont descendus dans les rues de Genève. La marche s’est déroulée dans

le silence et à la lueur des flambeaux pour rappeler le sort d’enfants, de

femmes et d’hommes qui disparaissent dans les cinq continents, enlevés ou

assassinés par des forces de sécurité de l’Etat ou par des groupes armés

d’opposition.

A l’arrivée du cortège à la Place de la Fusterie, les manifestants se

sont rassemblés dans le temple pour y écouter le groupe «Musique-Espérance»

et le témoignage de trois réfugiés politiques.

Parallèlement, une soirée des droits de l’homme organisé par AmnestyUni, l’ACAT-Jeunes et le quotidien «Le Courrier» s’est déroulée dans les

locaux de l’Université. Au programme, un débat, intitulé: «19 millions de

requérants d’asile dans le monde. Et nous ? Et nous? Et nous?…», consacré

à la politique d’asile en Suisse. Elisabeth Reusse-Derey, députée socialiste au Grand Conseil genevois, Ueli Leuenberger, du Centre social protestant, ont tous deux tracé un tableau plutôt pessimiste de la politique du

droit d’asile en Suisse, en demandant que notre pays évite le repliement

égoïste et le juridisme étroit. D’autre part Jean-Pierre Groppo, chef de la

division de l’Office des réfugiés (ODR) à Fribourg et John Dupraz , député

radical de Genève, ont pour leur part relevé que «le durcissement en matière de politique s’asile ne visait qu’à limiter la montée de la xénophobie

en Suisse». Des sketches présentés par l’équipe d’improvisation de Plainpalais ont agréablement entrecoupés les débats.

Le témoignage de d’Alfredo Carmelo, réfugié politique colombien, arrêté

dans son pays en 1979 pour s’être engagé dans le syndicalisme et atrocement

torturé, a particulièrement ému le public par l’authenticité des faits décrits. La modestie du ton adopté par Alfedo Carmelo n’ a fait que renforcer

parmi les assistants la compassion que l’on doit aux personnes disparues et

torturées. Comme s’est renforcée leur conviction qu’il faut lutter sans relâche contre l’horreur des humiliations subies par trop de personnes dans

les prisons du monde. (apic/cg/ba)

12 décembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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