Genève: L’Alliance réformée mondiale ARM interpelle ses Eglises membres

Placer le principe de la «justice économique» au centre de leur foi

Genève, 15 février 1998 (APIC) L’Alliance réformée mondiale (ARM) à Genève interpelle ses 210 Eglises membres. Elle se demande en effet si elle ne devrait pas faire du respect de la «justice économique» une condition d’adhésion à l’organisation qui regroupe des Eglises presbytériennes, réformées, unies et congrégationalistes du monde entier.

Interrogé par l’agence de presse œcuménique ENI à l’issue de la réunion du Bureau de l’ARM qui s’est tenue la semaine dernière à Genève, Milan Opocensky, secrétaire général de l’ARM, l’a confirmé: il faut faire comprendre aux Eglises et à leurs membres que leur «salut est en jeu» s’ils ne rejettent pas les structures économiques injustes.

Depuis plusieurs décennies, les grandes Eglises accordent effectivement une attention croissante à l’éthique des structures économiques et financières internationales. Milan Opocensky observe que l’ARM est la première organisation internationale d’Eglises à affirmer que ces questions font partie intégrante de la foi chrétienne. Pour lui, il serait possible de faire du respect de la justice économique une condition d’adhésion à l’organisation.

«Nous voulons entamer un processus qui interpelle les gens», souligne-t-il. «L’Eglise en général et les chrétiens réformés en particulier sont liés étroitement au système économique actuel.» L’ARM fait ce que les Eglises n’ont jamais fait auparavant, estime-t-il, car l’ARM veut «envoyer un signal aux Eglises membres et leur dire que ces questions font partie intégrante de leur foi et que leur salut est en jeu.»

Certains observateurs établissent un parallèle entre cette nouvelle action et la déclaration de l’Assemblée générale de 1982 affirmant que le soutien à l’apartheid est contraire à l’Evangile. Elle avait alors employé le terme «status confessionis» – signifiant que la vérité de l’Evangile était en danger. Cette déclaration avait conduit à la suspension de deux des Eglises membres de l’ARM en Afrique australe qui refusaient alors de rejeter l’apartheid.

Possible ligne de partage entre Eglises

M. Opocensky relève que l’ARM n’a pas encore déclaré que la situation d’injustice mondiale est un «status confessionis». Pourtant, l’Assemblée générale, réunie l’an dernier à Debrecen, en Hongrie, avait réclamé un «processus confessionis», processus de confession invitant les Eglises à reconnaître que le combat contre l’injustice économique et la destruction de l’environnement était au centre de leur foi. Ce processus pourrait créer une «ligne de partage entre les Eglises qui acceptent sans critiquer le système actuel et celles qui, poussées par leur foi, estiment qu’il faut trouver une solution de rechange.»

L’ARM a aussi décidé de promouvoir la «quête d’une spiritualité approfondie». La démarche s’explique en partie par l’élection à la présidence, à Debrecen, d’un théologien taiwanais, C.S. Song, ardent défenseur de la «théologie asiatique». C. S. Song cherche à combiner l’engagement contre l’injustice et le renforcement de la spiritualité. (apic/eni/be)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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