Le manque de distinction entre vérité essentielle et son expression
Genève: L’analyse du métropolite Damaskinos sur les obstacles à l’oecuménisme
Genève, 24 octobre (APIC) Les grandes confessions chrétiennes ne font pas la distinction entre la vérité essentielle et son expression, estime Mgr Damaskinos Papandreou, métropolite de Suisse et président de l’Académie internationale des sciences religieuses. A ses yeux, c’est là la raison principale aux obstacles qui existent aujourd’hui entre les grandes confessions chrétiennes.
Selon Mgr Damaskinos Papandreou, «l’expression de la foi change, mais il ne faut pas absolutiser l’expression. Il faut plutôt essayer de découvrir la vérité qui dépasse l’expression».
Pour le représentant des orthodoxes de Suisse mais aussi patriarcat œcuménique, les dangers sont énormes et se multiplient depuis la chute du communisme en Europe de l’Est. Le métropolite confesse que l’Eglise orthodoxe n’est pas épargnée, ébranlée par des groupes prônant un intégrisme qui interdit tout contact avec d’autres religions, mêmes chrétiennes.
Au cours d’une interview à l’Agence œcuménique ENI, Mgr Damaskinos avoue que son travail oecuménique lui a valu l’accusation de «trahison de la foi orthodoxe» de la part des groupes fondamentalistes de sa propre confession. «Il y a quelques groupes – en Russie et ailleurs – qui tentent de bloquer les initiatives oecuméniques. Et c’est grave», fait-il remarquer. «Il y a, par exemple, des anciens communistes qui, animés de la même passion avec laquelle ils défendaient le communisme, défendent aujourd’hui l’orthodoxie, mais pour d’autres raisons et sans qu’ils connaissent à fond la foi orthodoxe. Or, ce n’est pas cela, l’orthodoxie!»
Les fondamentalistes, explique-t-il, font l’erreur «d’identifier la foi apostolique et son expression d’une manière exclusive avec leur tradition particulière». D’ailleurs, suggère le métropolite, il n’y a pas que les fondamentalistes qui vivent dans cette illusion dangereuse. Confronté à une telle situation, le métropolite insiste «qu’il faut faire quelque chose. Les forces destructrices font de leur mieux. Et nous, que faisons-nous?»
Le métropolite Damaskinos, qui recevra le 12 novembre prochain le grade de docteur honoris causa de l’Université de Genève, n’est que trop conscient des subtilités du défi que doivent relever les Eglises. «Il faut que la substance essentielle de la foi ne se relativise pas, et que la forme ne s’absolutise pas». (apic/eni/pr)



